Peut-être pas assez percutant… voilà ce que je me dis suite à l’opération que j’ai lancé il y a quelques semaines en Moldavie. Nous avons collecté beaucoup d’information super intéressantes qui nous serons très utiles pour la deuxième phase de ce plan, lorsque nous établirons le contact et porterons le matériel collecté à la connaissance des politiques et des pouvoirs économiques. Pentalog est devenu membre du board du Club France de Moldavie récemment. Nous porterons ce sujet via cette organisation. Car, si nos opérateurs telecom et nos banques veulent des clients, il faut qu’ils se penchent sur la question de l’émigration en générale et de celle des Hi Pot en particulier.
Pas assez percutant car il est facile de m’accuser de marcher contre les rêves, ce qui n’a pas de sens. Je n’ai pas cessé de rappeler que j’admire aussi ceux qui ont le courage de s’expatrier et de tenter l’aventure. Tout mon parcours personnel en atteste.
Nous avons obtenu déjà un certain nombre de résultats probants outre la collecte des opinions (que nous chercherons probablement à affiner d’ailleurs). Certains sont tout simples. J’ai reçu, par mail, deux courriers de la part de personnes hésitantes qui m’ont indiqué que les positions et les témoignages de ceux qui étaient restés ou revenus les avaient convaincus. Lors d’un dîner, j’avais déclaré que si j’en convainquais un seul, je serai heureux. Je le suis donc doublement… mais bon. Ça ne va pas me suffire.
Ce qui s’est confirmé, c’est que les salaires ne sont pas la premier motif d’émigration. Nous ne nous étions pas trompés là-dessus. Monica me confirmait l’autre jour, que recherchant des CP pour Bucarest, elle trouvait en ce moment pas mal de personnes revenant du Canada, des US, de Nouvelle Zélande et d’Australie. Ceux là, probablement gagnaient plus là-bas que ce que nous proposons aujourd’hui à Buc… quoi que ce n’est pas si sûr que ça dans le cas du Canada.
J’ai échoué avec une personne. J’assume cet échec auprès des pentaloguiens, qui, comme moi, apprécient énormément ce garçon. Un Pentaloguien donc ; et là, je m’en veux car c’est aussi à mon absence que cela est dû. Car je crois que si j’avais pris plus de temps, j’aurai peut-être pu le convaincre. Ces motifs paraissaient imparables. Encore une fois, ce n’était pas l’argent, c’était le fait fondamental de vouloir une nationalité forte et reconnue. Je sais que lui en fera un bon usage et que son talent lui permettra d’aller dans le sens de ses rêves. Ce que nous lui souhaitons tous après ces quelques années passées ensemble.
Nous avons eu toutefois le temps d’en parler un peu la dernière fois. Je lui ai dit qu’il jouait à contre temps, compte tenu du contexte politique. Il le savait, mais toujours, ce qui revenait, c’était cette quête dune nationalité forte, accolée à son identité moldave. Ce n’est que maintenant que je viens de trouver la réponse que j’aurai du lui faire. Une réponse technique, juridique, basée sur la puissance du droit.
La nationalité canadienne ne sert à rien d’autre qu’à vivre au Canada. Elle donne quelques avantages dans le cadre de l’Alena mais sa puissance extraterritoriale n’a rien à voir avec celle du plus petit des états de l’UE. Dans une Moldavie qui s’ouvrira inévitablement sur l’Europe, la nationalité canadienne ne servira à rien. Ainsi un passeport slovène a le même pouvoir qu’un passeport français ou allemand. Un passeport roumain est à peine derrière et aura bientôt le même pouvoir libératoire. Un passeport canadien ne servira jamais à rien en Europe, alors qu’un passeport de n’importe quel pays européen Schengen ouvre les portes du monde entier… dont celles du Canada. Si vous me suivez bien, un passeport roumain a déjà le même pouvoir dans le monde qu’un passeport canadien. Peut-être même un peu plus. Un passeport slovène en a beaucoup plus. Dans quelques années (normalement deux ans seulement) un passeport roumain ouvrira l’espace Schengen, il aura alors beaucoup plus de pouvoir libératoire que n’importe quel passeport nord américain. Il ouvrira les portes de tous les pays du monde, la liberté de circulation et d’installation dans le premier espace économique mondial… et tout ça juste à côté de la Moldavie et alors qu’il est accessible à la population moldave.
Et là aussi, mon parcours personnel compte. Si en 2000, je m’étais installé en Californie, comme j’y ai pensé, quel aurait été le rapport entre mon passé et mon avenir ? Mais je me pose aussi une autre question : Pentalog serait-il aussi puissant aujourd’hui ? Je ne le pense pas, alors qu’à l’époque, pendant quelques mois, j’ai pensé que notre développement serait plus rapide s’il démarrait de là-bas.
L’Europe économique s’est considérablement affirmée comme premier espace d’investissements au monde, très très loin devant les US, le Japon ou la Chine. Les investissements directs étrangers sur le sol européen sont de très loin les premiers au monde. L’UE a reçu en 2006 421 milliard de dollars d’investissement directs étrangers tandis que les USA en recevaient 136 et le Canada était en dessous de 5. La France, par exemple a reçu cette année là 56 milliards (2,5 fois moins) pour une population 5 fois inférieure. Le Royaume Uni en recevait 131 ! C’est-à-dire que les deux premiers pays Européens en matière d’IDE recevaient à eux seuls près de 1,5 fois le montant des IDE nord américains, pur une population 2,7 fois moindre ! Tous ces investissements ont conduit l’UE à représenter 33% du PIB mondial pour moins de 8% de la population.
La création de richesses nouvelles n’a donc rien à voir. Or ces bien ces richesses-là qui font courir les jeunes ambitieux
Cette différence, dans l’Amérique du nord des années passées était compensée par le rôle du système bancaire dans les investissements. En ira-t-il de même dans le monde de demain ? La baisse du pouvoir d’achat des années 2000 aux USA a commencé à semer le doute bien avant la crise et à fait naître une vraie problématique dans l’esprit des économistes. Une croissance pourtant soutenue ne crée plus de pouvoir d’achat. Je ne vais pas rentrer dans le pourquoi. C’est très intéressant, mais ce n’est pas mon sujet.
Dernier point, pour les moldaves. Imaginez un moldave qui part en Amérique du Nord pour travailler dans l’IT et qui revient un jour, plein de rêves. Il y en a beaucoup comme ça. Pouvez-vous me citer une entreprise appartenant à un moldo américain qui soit plus grosse qu’Endava (projet moldo-britannique), que Pentalog (projet franco-roumano-moldave) ? Mais le raisonnement est le même en Roumanie. Aucune entreprise américaine de Consulting et d’Outsourcing n’a dépassé les projets européens. Parlons de R&D et observons quels sont la taille des projets américains de R&D en Europe de l’Est et quelle est la taille des projets européens…C’est très simple et inévitable : une terre européenne à une logique commerciale et politique européenne.
A ce moment précis de l’histoire, pour des moldaves qui émigrent, qui sont bien entendu des européens, et qui envisagent de revenir un jour, c’est une erreur stratégique d’acquérir une nationalité américaine, qui les empêchera demain de devenir citoyen d’un état de l’UE. Ce choix leur ferme la porte de l’espace européen tant que la Moldavie ne rentrera pas dans l’UE (ce qui n’est pas pour demain). Il y a un bon choix et il est accessible à tous ceux qui veulent élargir leur horizon. Le temps juridique pour l’obtenir est à peine plus long mais ce choix est extrêmement accessible et beaucoup plus porteur d’avenir en terme de droit international et de projet économique.
Bref, pour tous ceux qui envisagent de revenir un jour, pleins d’ambitions, choisir une nationalité américaine, au lieu d’une nationalité roumaine, qui ouvrira d’ici peu de temps l’espace Schengen, est un choix qui ne résiste ni à l’analyse économique, ni à l’analyse politique, ni à l’analyse historique.






















Commentaires sur cette entrée :
Les Moldave ont fait leur choix: De “reobtenir” la citoynete Romaine, 1mil de demandes sont en queue a l’ambasade Roumaine a Chisinau
Le % qui part au Canada est tres petit.
Aux États-Unis chaque anne part de 500-900 moldave, par l’intermediaire de loterie green card.
C’est vrai Petru, je sais. Mais parmi les jeunes Hi pot, ils sont nombreux à faire le choix nord américain.
C’est un choix claissique, le fameux rêve américain. Mais la puissance des investissements s’orientent vers l’Europe aujourd’hui et l’Europe de l’Est en particulier.
Enfin, c’est un fait juridique incontestable. Un passeport roumain permettra bientôt de s’installer et de travailler partout dans l’Union. Dans une zone de 485 millions d’habitants, moins endettée que les US, et recevant entre 5 et 10 fois plus d’investissement direct étranger par habitant selon les états.
Bref, les jeunes devraient réfléchir un peu plus avant de choisir US ou Canada.