Je ne veux pas me lancer dans l’analyse économique mais ce qui se passe depuis quelques jours me posent quelques questions que j’aimerai partager avec vous.
Je vois deux phénomènes devant nous qui peuvent avoir des conséquences majeures. La titrisation (transformation en actions d’un actif) affolante de l’économie. Je pense bien entendu à ces fameux subprimes. Le fait de transformer la dette hypothéquée de Mr and Mrs Smith, du Wisconsin, en actions, puis de la ranger dans un hedge fund, et de la faire arbitrer depuis Londres, ont pour effet de retarder la bonne compréhension de ce qui est en train de se jouer chez les Smith… à savoir qu’ils n’ont pas les ronds pour payer, que leur voisins itou, et que donc le prix du mètre carré est en train de dégringoler.
Le résultat, c’est qu’au final, on s’est caché la vérité pendant beaucoup trop longtemps et qu’elle est extrêmement complexe à appréhender.
Comme personne n’y arrive, finalement, toutes les classes d’actifs baissent : la banque des Smith, la holding de la banque des Smith, l’assureur de la banque des Smith (les monoliners), … et la maison des Smith. C’est idiot n’est-ce pas ?
Mon deuxième phénomène, en fait, découle de la bulle immobilière elle-même et se conjugue avec la titrisation. Je crois en effet que la spéculation immobilière est toujours destructrice de valeur. Une maison, dont le prix est passé de 200 000 € en 2006 à 500 000 € en 2008, rend exactement le même service à ses occupants qu’en 2006. L’usage reste strictement identique, le coût de cet usage, lui, a été multiplié par 2,5… la productivité de l’actif a donc fortement baissé. En quelque sorte, son ROI se dégrade… C’est quand même vrai que les valeur ocative augmentent moins vite que les valeur de vente depuis un moment maintenant !
Cette maison mobilise donc un investissement beaucoup plus fort qu’auparavant (+300 000 €), lequel investissement ne va donc pas vers la production d’un bien, ou d’un service, apportant à la société et à l’économie une nouvelle valeur d’usage.
Maintenant, conjuguons les deux concepts :
Spéculation immobilière + titrisation à outrance de tout et n’importe quoi = Londres, voire New York
Très clairement, il apparaît que les grandes places financières ont brassé beaucoup de vent, et que, comme d’hab, elles nous créent des cascades de véhicules d’investissement… qui maintenant ne transportent que des pertes. Comme les financiers se sont cachés trop longtemps l’étendue du désastre, c’est aussi sur la monnaie que porte désormais les corrections (je sais que le dollar monte aujourd’hui mais bon, vous voyez le principe…).
Je ne crois pas que la politique économique américaine soit en « très » grand danger car les US sont une « vraie » puissance industrielle et commerciale… mais c’est sûr que si on calculait leur PIB en Euro entre 2006 et 2007, on constaterait qu’il s’est contracté de plusieurs points.
Un économiste anglais vient de faire la démonstration que l’économie britannique, très exposée à l’Euro, vient, si l’on calcule son PIB dans cette devise, de repasser brutalement derrière la France. On n’en parle pas beaucoup, mais la £ a perdu 8 ou 9% dans les 2 ou 3 derniers mois… y a pas de doute, que ce soit dans la City où à Wall Street, on va acheter moins de Porsche (produites en €).
Pourquoi, je raconte tout ça ? C’est vrai que ce n’est pas mon job après tout… parce que j’essaie d’y voir clair et comment vont se porter, dans ces circonstances :
1. l’économie générale
2. l’économie des services info
3. l’économie numérique
4. l’offshore
5. Pentalog ?
1. Les profits des entreprises vont dévisser pendant les 2 à 3 premiers trimestres au moins. Ils ne vont pas résister comme ça à ce qui se passe chez Tonton Sam. La demande va baisser, ça paraît inévitable, surtout pour les productions européennes. Un américain est 13% moins riche qu’il y a 6 mois pour se payer des produits « € ». Qui peut dire que c’est sans importance ? L’emploi, selon la durée de cette crise, en subira ou non les conséquences, je ne sais pas.
2. L’économie des services bancaires va prendre tout ça de plein fouet. La mise en marché des crédits va être ralentie… Normal, l’argent est trop cher et personne n’a confiance. Donc décélération de ce marché, sans doute brutale… pour leurs sous-traitants aussi. Et comme toutes les grandes SSII refusent de le dire aujourd’hui, je vais le faire… les banques sont de loin leurs plus grands clients. En revanche, la production industrielle ne va finalement pas si mal, soutenue par la demande d’équipement des pays émergents.
3. L’économie numérique doit innover plus. Elle s’épuise. Le web 2.0 ne s’impose pas assez vite dans les entreprises alors que c’est ce dont elles ont besoin, précisément pour réduire leurs coûts. Mais il est entre les mains d’ex pubards tandis qu’il devrait être entre celles des consultants en organisation (mais qui n’ont rien compris pour la plupart). Il faut arrêter le discours mièvre sur la créativité et la « libération fertilificatrice des intelligences ». Je me prends pour Ségoèle R, maintenant ! Le web 2.0 peut servir à ça, certes ; mais ceux qui en vendront vraiment, le feront sur la restructuration et l’amélioration de la productivité. Nous n’avons pas de révolution techno en marche, c’est donc sur l’organisation que nous devrons faire la différence.
4. On pourrait se dire « chic, les clients vont devoir s’adapter et donc avoir recours à l’offshore »… Les meilleurs, oui, vont se dire ça. Les autres vont tout simplement réduire leurs projets, réduire la voilure… et attendre de voir si ça passe, comme d’hab ! Je ne sais pas trop. Si ça dure un peu, oui, peut-être que ce sera bon pour les offshorers, car il faudra faire de vrais effort d’adaptation des structures.
5. Pentalog a choisi de s’investir dans un pays, en plus de la France, qui dégage des excédents commerciaux : l’Allemagne. Un pays qui n’est pas le champion du monde de la titrisation et de la spéculation sur l’inflation et qui produits pour le pays émergents. La France lui ressemble un peu, c’est bon signe. Pentalog est présent, pour l’essentiel de sa production, dans deux pays excessivement mal gérés (Roumanie et Moldavie), dont les monnaies se déprécient plus que le dollar… Le gouvernement roumain ne lance aucun projet d’envergure malgré la manne bruxelloise, la corruption reste la ligne de conduite de la politique économique. Nous ne serons pas menacés par nos monnaies de production dans ce contexte, comme nous le serions dans un pays « sérieux » : Rep Tchèque, Slovénie, Slovaquie, Pologne. Ce raisonnement n’est valable qu’à court terme car nous aurons besoins de bonnes infrastructures dans l’avenir. Par ailleurs, beaucoup de nos contrats sont très anciens et assurent précisément à nos clients la compétitivité dont ils ont besoins en R&D. Bref, nous allons résister. J’ajoute que c’est dans ces moments là qu’on apprécie particulièrement d’avoir des clients non cotés.
C’était un peu long, scuzez-moi… j’essaierai de pas recommencer
. De toute façon, en ce moment, y a un crack boursier par séance !

























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