En 2007, nous avons démarré un plan qualité, visant une certification ISO 9001, que, je dois en convenir, j’avais retardé durant les années précédentes. Retardé, le mot est peut-être un peu fort. Disons que d’une part, aucun client, soyons clairs, ne l’exigeait de nous. D’autre part, j’y voyais, incidemment, une menace pour mon style de management, basé sur la confiance, la découverte d’autrui et le levier humain en général. Fin 2006, face à la croissance organique sans précédent que nous apprêtions à vivre, et avec la pression venue fort à propos des membres du Conseil, je me suis aperçu que ce plan devait devenir une priorité nº1 de l’entreprise si nous voulions transformer cette croissance en de multiples success stories. Mais je me suis aussi rendu compte, en discutant avec notre consultant qualité, l’excellent Pierre de Thélin, dans le cadre des rendez-vous préliminaires, que ce plan, au contraire de limiter notre capacité de croissance et le déploiement créatif de notre stratégie, allait valoriser l’utilité des énergies.
J’ai compris que toutes les business machines virtuelles que nous inventions (essentiellement des services web de commercialisation et de recrutement), qui demeurent très en avance avec ce qui se pratique chez nos confrères, étaient en totale convergence avec un système qualité. De même pour tous les business process relatifs au développement de la compagnie, qui étaient informels dans leur description, mais déjà transformés en outils et en ordonnancement.
C’est aussi à cause de ce volet business qu’au moment de choisir un type de certification, nous avons considéré que la qualité était nécessairement un enjeu end to end de l’entreprise, qui ne concernait pas uniquement la production. Un CMMI, s’avérerait beaucoup trop « partiel » pour fonctionner en premier étape. Comme le pourrait-il, dans nos métiers, sans l’existence d’un système qualité portant aussi sur la commercialisation ou le recrutement, qui constituent l’un comme l’autre, les deux principaux entrants d’une entreprise de production logicielle ? Mais nos camarades indiens n’en ont cure aujourd’hui… et paf !
Ce plan après avoir été totalement initié et dessiné dans ses objectifs par l’instance de gouvernance de l’entreprise a été confié à une administratrice, fondatrice et associée de l’entreprise : Aleth.
Entre parenthèses, la gouvernance m’apparaît finalement être, de tous les concepts et dispositifs qu’une entreprise met en œuvre, la clef de voûte de tous les systèmes opérationnels et de contrôle.
Aleth est quelqu’un des origines, rencontrée à l’Université d’Orléans. Quelqu’un d’immensément cher, un membre fondateur de la famille. Mais il s’agit aussi et surtout de quelqu’un d’intransigeant sur la qualité des RESULTATS des projets qui lui sont confiés. Je ne voulais pas d’un gardien du scriptorium pour ce poste. La qualité, plus que tout le reste, devait être confiée à quelqu’un qui incarnait l’intransigeance dans la quête du résultat et le respect absolu des nos valeurs de mouvement, d’intuition et surtout d’aventure humaine.
Comment je me situe moi, dans ce plan ?
Résolument je le vois comme un outil, comme le framework, pour parler un peu « métier », de toutes nos business machines et de nos business process. J’aime bien l’envisager comme une capacité de réplique encore augmentée. Le mot « réplique » parce qu’il a deux sens :
- Répliquer ce que nous avons déjà fait et qui doit être refait : mieux, plus vite, plus loin, sur des enjeux que le capital d’expérience et de méthodologie que représente ce plan permettra d’atteindre à moindre risque… ce qui finalement nous autorisera à relever notre ambition.
- Répliquer à notre concurrence sur le terrain de la satisfaction des clients, qui visent toujours plus d’excellence, dans le respect des enjeux qualitatifs et quantitatifs qui nous sont proposés.
Et, que ceux qui seraient toujours sceptiques se rassurent, ils peuvent toujours compter sur moi pour recruter un manager de 20 ans s’il s’appelle Napoléon et que je le crois capable de diriger dès demain l’une de nos filiales étrangères. Mon unique moteur est, et restera, le désir que je vois briller dans les yeux des femmes et des hommes que je rencontre et qui m’accompagnent.
Aleth, je suis dans l’avion au moment d’écrire ces lignes et j’atterris dans un quart d’heure. Tu arrives ce soir avec Aymeric pour le déploiement. Nous sommes tous derrière toi et nous t’attendons.
























