Confiance et Démocratie : la Blockchain peut aider à renouer un lien cassé

Martin Rubio

Directeur adjoint RevSquare France

A l’occasion de l’Afterwork spécial Feedback Startup Weekend Blockchain, qui s’est tenu le 14/03 dans nos nouveaux locaux au cœur de Paris, Pentalog a rencontré Philippe Rodriguez, auteur de « La révolution Blockchain » aux Editions Dunod. Philippe Rodriquez a pointé le virage que s’apprêtent à prendre les démocraties.

Pentalog : la défiance envers le politique ne cesse de progresser comment voyez-vous ce phénomène ?
Philippe Rodriguez : Ce qui me frappe c’est surtout le décalage, aujourd’hui, entre cette défiance grandissante envers les institutions, au premier rang desquelles on trouve les partis politiques, et la confiance que les citoyens s’accordent à eux-mêmes pour imaginer les solutions du futur. Le dernier baromètre de la confiance publié par le Cévipof *est très clair sur ce point. J’en conclus qu’une articulation ne fonctionne plus entre les citoyens et les institutions. Ces dernières sont perçues comme trop centralisées à l’ère des réseaux et de l’horizontalité. La centralisation devient une faiblesse.

Philippe Rodriguez, auteur de “la Révolution Blockchain”

P. : Avez-vous un exemple d’un système trop centralisé ?
P.R. : Le vote électronique. C’est une très belle idée mais il a toujours été sujet à la suspicion. Pourquoi ? Parce qu’on se demande comment sont traitées les données au niveau central, et que cette centralisation le rend potentiellement une cible facile pour du hacking. Imaginez le gain de confiance si les mécanismes de Blockchain, de certification du vote par des tiers, étaient appliqués au vote électronique. Il commence d’ailleurs à y avoir des votes avec des systèmes blockchain, dans des primaires locales.

P. : Mais la centralisation a toujours existé, non ?
Non, cela n’existe que depuis 10000 ans ! Depuis 10000 ans, la confiance passe par les organisations. Les hommes se sont organisés ainsi. Avant cela, lorsque les groupes humains étaient petits et mobiles, la confiance était décentralisée. J’explique ce phénomène dans « La révolution Blockchain ». L’arrivée de l’agriculture a fait naître des organisations pyramidales. Les groupes humains se sont étendus. L’organisation est devenue centrale. Le théorème de Dunbar montre que la confiance a du mal à s’établir au-delà de 150 personnes. C’est cet accès à un groupe réduit de quelques dizaines de personnes que la Blockchain est en train de réinventer.

P. : Alors, comment réarticuler cette confiance aujourd’hui ?
P.R. : L’engagement politique peut être réarticulé autour d’organisations horizontales, des mouvements qui aident les citoyens à s’engager, qui choisissent les représentants parmi les citoyens comme dans le cas de 577 pour la France. Nous avons désormais des outils à disposition grâces aux protocoles Blockchain, qui permettent enfin une confiance décentralisée. La confiance décentralisée est le seul moyen de retrouver, à un âge de masse, la confiance des petits groupes.

P. : Est-ce une révolution ?
Oui car les algorithmes permettent désormais de mettre en œuvre ces idées ! Ce sont ces algorithmes qui vont permettre — c’est en tout cas une vraie possibilité — de recréer des institutions à taille humaine

Pour en savoir plus sur la technologie BlockChain :

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* Centre de recherches politiques de Sciences Po


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