Je souffre beaucoup de l’attitude politique française, comme d’habitude trop pleine de politiquement correct (donc de peur) et de suffisance mêlés. Quasiment 100% du spectre politique français, profère l’immobilisme, le manque de détermination devant l’abyssal gouffre financier qui va ruiner deux générations de français au moins. Cette absence, ou presque, de réaction devant les déficits, comparée aux démarches vigoureuses de l’ensemble des états autour de nous, va nous mettre de facto dans une situation où la France jouera seule la partition de la relance, un peu comme en 1981… avec le succès que l’on connaît.
Tout le monde se plaint de notre incapacité à réformer. Mais n’est-ce pas au politique de nous montrer la voie ? N’ont-ils pas en mains, quand 100% des nations européennes attaquent frontalement le sujet, l’opportunité de dire aux français, que réellement, faute de détermination, nous courrons à la catastrophe ?
Nous avons eu d’abord affaire à une génération omnisciente et ayant tous les droits sur l’avenir, puis plus tard à leurs enfants, formés à HEC, à l’ENA ou à Sciences Po… tous ces gens tellement brillants et fiers du ventre qui les a fait naître n’ont rien vu, enfermés dans leur bulle de savon, occupés à la faire enfler… C’est à eux que je m’adresse !
« Nous n’en pouvons plus de vos erreurs et de votre conservatisme. Je veux qu’on me dise la vérité et je veux que les autres français l’entendent aussi.
Personnellement j’ai les moyens de réagir. Impôts + autres prélèvements confondus, vous m’avez demandé près de 65% de mes revenus bruts ces deux dernières années, et je l’ai accepté de mon plein gré alors que je passe depuis bien longtemps plus de 183 jours par an hors de France ! Mais dans le contexte de risques que courent l’économie, et même la société française, du fait de l’absence de réaction, j’ai décidé de ne plus payer et d’expatrier mes revenus personnels, d’aligner ma pratique fiscale personnelle sur la réalité de mon agenda et des mes centres d’intérêts.
Notre entreprise remonte par ailleurs en France plus de 50% de ces résultats mondiaux où elle vient volontairement se les faire fiscaliser à plus de 35% – jusqu’à aujourd’hui – le taux le plus élevé d’Europe. Si nous étions simplement corrélés à l’activité… ce n’est que 10% maximum qui remonteraient. Là encore, c’est un choix volontaire. L’absence de réaction de l’état dans la crise m’inquiète. Que va-t-il nous sortir du chapeau, à l’arrache, quand il sera trop tard ? Notre entreprise a besoin de capitaux pour se développer. Aucun financement de l’investissement n’est plus saint que celui qui est réalisé grâce aux profits. Les choix que nous avons faits jusqu’ici, personnels ou d’entreprise, ne peuvent s’accommoder d’autant d’incertitudes. On ne peut pas être l’état qui déjà fait payer le plus, et faire profession d’aveuglement COLLECTIF et VOLONTAIRE pour l’avenir. Faute d’un discours précis et d’un programme détaillé, cela reste « tout va très bien Madame la Marquise », et entretient la crainte des entreprises. Jetez un œil à la cacophonie gouvernementale ambiante en lisant ce petit papier.
Je vais donc renoncer, dans un premier temps, au choix marginal que j’ai fait jusqu’ici, et devenir personnellement résident de l’état européen dans lequel je passe le plus de temps. Je vais réduire ainsi mon taux de PO de 50%, en attendant de voir ce que fera REELLEMENT mon pays. C’est grave.
Mais qu’allons nous faire après quant à nos choix relatifs à la fiscalité de l’entreprise ? Nous sommes en effet présents en Allemagne, ou l’IS a été abaissé à 25%, en Roumanie, il est à 16%. En Israel, où nous venons de rentrer, il vient de baisser à 25%. Pentalog ne réalise pas plus de 50% de ses ventes en France et n’y produit que 5 à 10% du total de sa production. Sa liberté en la matière est totale, sa fidélité a été indéfectible jusqu’ici, mais il lui faut un état crédible et raisonnable pour lui permettre de s’épanouir.
Entendre dire « plus de justice » fait froid dans le dos à tous ceux qui ont un minimum de succès et supportent déjà 80% de la fiscalité directe française. Ou alors, Messieurs les politiques, laissez-moi faire une suggestion et attaquez vous à toutes les injustices que vous avez créées de toutes pièces, les fameuses niches aménagées pour vos chères familles et le placement de leurs héritages, souvent dans de scandaleuses fantaisies fiscales immobilières. Un état moderne qui veut avoir un avenir doit commencer par taxer l’héritage et la rente et libérer le travail et la création. L’héritage est une transmission inique de richesses de génération en génération. Certains sont bien nés et d’autre non. C’est républicain ça ? Et bien l’héritage en France est pourtant beaucoup moins taxé qu’aux US ! La rente, quant à elle, est une exploitation d’une richesse créée dans la passé, non contributive au destin de la nation. Frappez-les ! Mais arrêter de mépriser le travail et la création de richesses nouvelles comme vous le faîtes aujourd’hui. Savez-vous que la R&D logicielle française et plus faible que celle d’Israel ? 60 millions d’habitants contre 6, et tout un volumineux baratin sur l’économie de la connaissance et le CIR ! Vous ne vous demandez-pas pourquoi ?
Il paraît que 3000 personnes font le choix de l’expatriation chaque année. Cela fera donc 3001 avec moi, peut-être 3002 avec Pentalog. Si ça ne dure que quelques années, ça ne pèsera « que » de quelques millions d’Euros, bien peu de chose dans le trou qui est l’œuvre d’une génération politique et de sa clientèle… mais là, je chipote. »

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Commentaires sur cette entrée :
A-t-on le droit de dire ça ? Faut-il le faire ? à vous de commenter
ça fait du bien par ou ça passe ! Envisageriez-vous une implication plus forte dans les instances dirigeantes de notre pays ? …nan, je ne parle pas de guerre civile…bien que.
Tout à suivre,
Arnaud
…Si je peux me permettre un 2ème commentaire, pour le prix d’un.
En France, la politique c’est l’opium du peuple ! (co-auteur arnaud, Mao, Voltaire)
Bonjour Arnaud, non, je ne suis pas tenté par la politique. La politique de l’entreprise est le niveau maximal de pouvoir auquel je souhaite participer
Cette politique, oui me fait froid dans le dos. ‘ai eu la chance de rencontrer, depuis un an, les plus hautes instances du pays à plusieurs reprises. J’ai bien conscience qu’après ce genre de chose, je ne serai plus invité nul part
L’argument tranquillement passif du politique français, c’est “on ne peut pas faire sans en France”. Je l’ai entendu partout. Je leur dit que s’ils continuent d’afficher et justifier ce niveau d’impuissance, les meilleurs se décourageront. Nous sommes de plus en plus nombreux, entrepreneurs et salariés à nous expatrier à cause de cette impuissance.
Tout cela est vrai, et me consterne. Mais diable, je te dis à nouveau que tant que ce constat ne sera exprimé que dans des blogs tels que le vôtre, il ne sera lu que par ceux qui partagent le même avis. Tant que les mass-média ne s’en empareront pas, les politiques ne bougeront pas (bien trop peur de ne pas être reélus en 2012 ! ). Pourtant je crois voir, justement dans le dpt du siège de Pentalog, au moins 1 député qui me semble courageux, pas langue de bois. Et si tu le rencontrais ? Faut bien commencer !
Quand montez-vous une structure proxi-shore en France (en profitant de toutes les aides, exemptions fiscales et salariales dont nous avons le secret, of course) ?
Ton post laisse un goût amer.
Je suis convaincu par le diagnostic. Plus on voyage et plus on est inquiet pour nos enfants. L’immobilisme hypothèque chaque jour un peu plus nos chances.
Mais quand aux moyens pour faire bouger les choses, je suis dubitatif.
Certains diront même que l’action proposée, fuir, est une ficelle un peu grosse. Est-ce vraiment un appel à réagir ou une façon déguisée de justifier que l’on veuille prendre la tangente, d’abord non résident puis demain … ? A mon avis, c’est contre productif. Ca ressemble aux faux semblants des exilés fiscaux.
Je sais c’est plan-plan, mais quoi qu’on en dise, notre pays nous a formé gratuitement, dans un confort indécent. Nous lui devons quelque chose. Que l’on se sente un minimum citoyen, ou que l’on veuille simplement donner du sens à sa vie d’entrepreneur, il faudrait “Faire” aussi en France.
Au-delà de la politique, il y a moult façons de Faire tout en utilisant le système … une structure proxi-shore comme le dit Guy, une école IT de la deuxième chance, …
Je suis parfaitement d’accord , je ne vois pas comment on peut faire la moindre
réforme dans ce pays .Chaque français campe bec et ongles sur ses avantages acquis , les politiques en tete
et c’est toujours aux autres de faire l’effort , come disait un jeune entrepreneur en france il ya 5% de bosseurs
et 95% de glandeurs.
Bref si tu peux faire ton trou dans un pays ou le mérite et le travail sont récompensés , n’hésite pas une seconde (réponse du père au fils) !
Enfin je me fais vieux mais je m’accroche!!!
il y a des personnes qui se sentent investis pour cela et d’autres qui font preuve de réalisme premier et qui décident en âme et conscience de ne pas rentrer dans le jeu politique…c’est un choix de vie qui ne se prends pas à la légère, c’est sûr. Et cela implique souvent son entourage, bien au delà de ses choix…personnellement, j’ai besoin d’arriver à mon autonomie financière, avant même de m’engager dans le changement pour notre vieux pays, issu d’un vieux continent…mais ça me brule les doigts de monter un parti politique pure player ou les citoyens pourraient contribuer à voter pour le président de leur choix, défendant les idées les plus partagées…de la politique participative en quelque sorte
à l’air du communautaire. A bon entendeur, salut
Que des commentaires, en à peine le temps de déjeuner ! Par où je commence. Tiens, Laurent…
Justement, j’ai considéré jusqu’ici que je devais quelque chose et je suis resté pour cette raison-là. Celà fait au moins 5 ans que j’aurai pu partir. Cela fait près de 10 ans que nous aurions pu déplacer le siège de Pentalog (qui pour l’instant reste où il est). Si je considère que je dois personnellement partir, c’est parceque je vois quils ne savent pas ce qu’ils font et que l’on joue en France avec la fiscalité comme dans aucun autre pays développé. Les activités que nous développons, et ceux qui les mettent en oeuvre ont besoin de savoir où ils vont. Je ne peux pas investir de la même façon dans un pays qui pratique le 36% que dans un pays qui fait 15. Mais surtout, je ne peux pas rester dans un pays qui s’apprête à faire de ridicules concessions à ce qu’il croit n’être qu’une conjoncture et qui démagiquemement, appelle à plus de justice. La conduite budgétaire des états européens doit changer, c’est admis partout… sauf en France. Je m’attends donc, par habitude, à une vague sans précédent d’amateurisme fiscal et de grands concours de démagogie à ciel ouvert.
@arnaud… Facebook accueille les apéros géants, donc pourquoi pas les partis politiques
Je crois que des forces politiques s’apprêtent à naître dans les réseaux. Je l’ai vu dans des pays peu démocratiques et j’en entends parler à des jeunes ici en Roumanie. J’ai assisté l’année dernière à la première révolution Twitter, en Moldavie. Et elle a triomphé qques mois plus tard.
@guy&laurent j’ai envie de construire des choses là où ce que je fais à un sens collectif. Un sens économqiue en tant qu’entrepreneur et un sens social, en tant que développeur. Quand je travaille au Vietnam, en Roumanie ou en Moldavie, je sens que ce que nous faisons trouve sa place dans une ambition collective.
Je ne ressens rien de tel en France et je nee ressens donc aucune joie, aucun entrain à agir.
@tous : je créerai un jour, à nouveau, un centre de dev dans un pays développé. Mais je choisirai l’état dans lequel je l’implante avec la même rigueur que nous l’avons aujord’hui pour les autres pays.
@michel enfin : la jeune génération ne fait pas dans le détail. Les polyglottes n’hésitent pas. Ils partent là où l’on reconnaît leur travail et on l’on prend aujourd’hui les décisions pour que leur travail, leurs intérêts et leur avenir soit protégé demain. Plus nous avancerons dans l’avenir, moins le patriotisme fiscal et social n’aura de sens. Je le vois déjà partout autour de moi.
Hello,
Je suis mal pour répondre aujourd’hui, alors que je viens de faire ma déclaration d’impôts et d’abuser des systèmes de défiscalisation….
Résultat : je ne paierai pas d’impôts cette année… Et j’en ai un goût amer… Car j’avoue avoir du mal à comprendre qu’on me dise, en gros, “si tu ne fais rien, on va te pomper une partie importante de ton fric, mais si tu l’investis pour te créer une rente, alors on te le laisse”….
Je comprends ô combien ton choix, Fred… Même si je comprends également les raisonnements de Laurent et Guy par exemple…
La seule chose dont je suis sûr, c’est que ces niches fiscales devraient être toutes explosées en échange d’une imposition plus faible des revenus du travail. Ce sont des vecteurs d’inégalités : aujourd’hui, il y a ceux qui paient normalement leurs impôts, et ceux qui exploitent les systèmes pour pouvoir se constituer un patrimoine à moindres frais… Et le pire, c’est que des “conseillers en gestion de patrimoine” vivent, et généralement très bien, de cette tambouille !!!
Bien évidemment, je ne critique ni ceux qui utilisent ces niches fiscales (après tout, elles existent et sont légales, et le système se rattrape tellement bien par ailleurs), ni ceux qui vendent du conseil dans l’optimisation de leur utilisation… Par contre, je pense vraiment qu’il faudrait changber tout ça….
Tu as raison, l’énergie dépensée dans l’exploitation des niches est préjudiciable dans l’absolue. Je déteste les vautours vivant du maelstrom administratif français. Ce sont les parasite du parasitisme.
J’accepte le principe de ce qu’à proposer Guy. Je n’ai rien à faire de particulier pour m’expatrier. Je vis plus en Roumanie que nul part ailleurs depuis longtemps et j’y dirige la plus grosse entitée du groupe personnellement… mais j’avais la reconnaissance du ventre. Je reviendrai sur cette décision si les politiques se mettent à me donner confiance dans l’avenir. Avec les 62 ans en 2018, ils ne sont pas partis pour me convaincre.
…oui il faut changer tout ça…dans la douceur d’une nuit d’orage estivale :p
Comme dirait le sage “nous avons les meilleurs homme politique français, au monde !…tout le monde nous les envies, mais personne ne vient les chercher! ” (Coluche) Eh bien oui, ils nous ont endormis pendant trop longtemps, et maintenant il faut sortir la France du monde de oui oui…c’est dur, sur le terrain, la gueule de bois se fait sentir, mais ce nouvel élan devra être incarné par des winners tel que vous Frédéric…ouverts à l’internationnal mais pas fermé sur l’idée de mettre le pied à l’étrié de la Nation. Cependant, je ne vous pousse pas à changer, mais personnellement je tâcherais de donner mes compétences aux personnes qui cherchent à faire changer cela…j’en connais quelqu’uns dans les couloirs du sénat, de l’assemblée nationale, de fédération pro…peut-être sont-ils déjà un peu enrôlés, mais il est important de connaître les rouages avant de s’en détacher ! (sans mettre à plat les institutions).
Nouvelle partie : Nouveau parti ! Comment faire sans internet ?
Concernant les enjeux communautaires pour les partis politique, il est vrai qu’il faut maitriser ces nouveaux médias…en ce qui me concerne, je ne veux pas maitriser ces outils pour un parti existant, structuré…mais créer une communauté indépendante et proposer aux gens de construire ensemble leur parti idéal…du rêglement intérieur, au programme en passant par la sélection des prétendants de tout horizon…le tout auto-financé par des entreprises et institutions partenaires indépendantes (Montaigne…), supportant ce projet pédagogique, démocratique et républicain ! il s’agit d’animation de communauté, avec tout un staff, ayant pour but de faire émerger une nouvelle tête portée par des millions de gens, tel que le permet aujourd’hui internet ! C’est un beau projet, qui mérite d’être partagé…et peut-être bien réalisé ! Tout à suivre…Arnaud
Il y a un peu de vrai dans tout cela, mais attention de faire la part des choses… n’oublions pas en même temps que les prélèvements obligatoires élevés (et largement optimisables j’en conviens) ont des contreparties en terme de qualité de vie que beaucoup de pays du monde, y compris en Europe, nous envient. Ce n’est pas pour rien que notre beau pays est le 1er en Europe en terme de destination des investissements étrangers (avec une avance qui se tasse il est vrai). Et tant mieux en même temps si des français choisissent l’expatriation, cela contribue au rayonnement de la France !
Fuir et se résigner ? Jamais !
Et si ce n’est pas pour nous, ce sera pour ceux qui nous suivent ou ceux pour qui cette option ne se pose même pas.
Maintenant quand on a dit ça, que nous reste t’il pour agir ?
A vrai dire, ce qui me semble le plus problématique, ce n’est pas la question de l’engagement des politiques, c’est plutôt la façon dont ceux ci s’adressent à la population. Le schéma est toujours simplificateur, formaté pour expliquer les problèmes majeurs et les décisions prises en moins d’1 minute, blanc ou noir.
Au final, les choix sont toujours “tout pour” ou “tout contre”. Pas d’alternative possible. Choisis ton camp, camarade !
Et là, ça déraille. On élit un président qui annonce haut et fort qu’il veut faire bouger les lignes et on hurle aux loups quand lesdites lignes commencent à esquisser une ébauche d’intention de mouvement.
On se fichait il y a quelques années de Miss THatcher quand elle disait “NIMBY” – Not In My Back Yard – mais les français sont en majorité eux mêmes dans ce schéma de pensée.
La vraie question est alors pour moi : comment expliquer les données des problèmes pour que les solutions proposées prennent leur sens. Bref est-il possible de s’adresser à la population en considérant que celle ci est composée de femmes et d’hommes intelligents et pas de moutons encartés.
Cette évolution des modes de pensée s’est progressivement intégrée dans les entreprises (même s’il reste des bastions à faire sauter). La question est : quand rentrera t’elle dans les mentalités des leaders ?
Cela pourrait certainement aussi nous mettre à l’abri des attentes qui ressurgissent périodiquement en matière d’homme guide ayant une vision.
Même s’il est important de trouver des gens qui ont une vision, un projet, je me méfie aussi toujours des sauveurs.
Le chantier est ouvert.
Amicalement
Philippe
@Philippe, je partage votre avis sur la responsabilité du politique dans la manière dont il entame le dialogue. J’y ajoute son incroyable capacité à renoncer pour préserver les avantages liés à l’exercice du pouvoir.
Je ne comprends pas (ou plutôt ne veut pas comprendre l’argument des générations futures). Elles se suivent et se ressemblent et reproduisent le même manque de détermination, la même aspiration à la passivité et le même conservatisme.
Il faut qu’une génération (laquelle ?) descende au fond du trou pour que le rebond s’amorce.
Bonjour Frédéric
Oui, sans aucune hésitation il faut le dire ; les français ont aussi droit à la vérité.
Les challenges :
- se faire entendre : Internet est surement le Support qui change significativement l’opportunité et les moyens d’atteindre cet objectif.
- se faire comprendre du plus grand nombre (l’expérience de P SEBASTIEN avec le DARD montre, indépendamment de toutes les erreurs qu’il a pu faire dans ce lancement, l’inculture du « peuple français » en matière d’économie et de social et l’affligent manque de solidarité (touche pas à mon petit avantage, …)
- continuer d’exister : se lancer dans ce type de projet , c’est focaliser l’ensemble des structures établies (et qui vivent bien du consensus actuel) contre soi. Par conséquent, sauf à disposer d’une fortune personnelle, c’est souvent se mettre en risque.
Ce dernier aspect est aujourd’hui une limite majeure à mon engagement opérationnel (j’ai compris que cette limite était aussi présente dans votre analyse).
Il y a quelques années, j’avais évalué l’opportunité d’implanter mon projet d’entreprise au Québec plutôt qu’en France avant de devoir y renoncer ( employé clé, associés,…). J’avais déjà pu apprécier la fragilité du « Modèle Français » et son « défaut d’exemplarité » ; la situation s’est considérablement dégradée depuis. La crise agit comme un puissant révélateur (c’est une véritable radiographie : le roi est nu).
Est-ce le bon moment pour s’engager dans la mobilisation ?
- la fin d’un système, la fin d’une ère : le modèle économique du libre échange « dérégulé » basé sur une croissance sans contrainte arrive, au moins dans une part importante des pays occidentaux et singulièrement de la France, à la fin d’un cycle. Les dispositifs sociaux, économiques ou fiscaux sont détournés de leur fonction initiale. Les mesures correctives sont de plus en plus difficiles à mettre en œuvre et leur efficacité de plus en plus aléatoire. Les priorités sociétales et la prise de conscience environnementale modifie l’axe de priorité des sociétés et sont absentes (pour l’essentiel) de l’action des politiques.
- une analyse partagée : le sentiment d’injustice, d’inefficacité voire de système corrompu est partagé par une part croissante de la population. Cette opinion est partagée par la plupart des couches sociales et générations, elle diffuse internationalement (les « peuples » sont dans un relatif consensus).
- une demande : De nombreuses voix s’élèvent pour remettre en cause le système existant (tel que nous le faisons) . La manifestation du rejet et du refus peut d’ailleurs être beaucoup moins civile que celle que nous concevons et exposer à des risques de violences extrêmes.
- des moyens ad’hoc : la technologie apporte les moyens d’une communication transversale (trans-sociétale et géographique). Elle apporte aussi des moyens puissants de rénovation de l’administration publique, de l’e-citoyenneté et d’efficacité budgétaire (authentification forte, décentralisation, …).
- S’inscrire dans une perspective: placer les évolutions nécessaires et les efforts qui en résultent dans le cadre d’une valorisation future les rendant plus acceptables.
Les thèmes donnant des perspectives fédératrices sont nombreux tels que :
- Mettre en place d’une politique de prélèvements fiscaux et sociaux raisonnables et équitables (dans un contexte de charges élevées et peu compressibles pendant de nombreux exercices) : migrer progressivement de l’IRPP à la CSG
- Reformer (pour la France) la gouvernance des organismes sociaux (des budgets équivalents à ceux de l’Etat échappent au contrôle démocratique). Diminuer fortement la taxation directe du travail (au profit d’une Taxe de responsabilité sociale et environnementale).
- Développer l’économie à partir de facteurs de mieux-être et de mieux vivre (le service plus que la propriété, le pouvoir d’utiliser plus que le pouvoir d’achat, …). Là encore, les moyens technologiques apportent des moyens nouveaux. Développer la notion du pouvoir acheter (par opposition au pouvoir d’achat)
- Remettre l’intérêt général au centre des affaires publiques (santé, sécurité, éducation, services publics)
- Recréer des équilibres sociaux et sociétaux. Redéfinir les règles de la redistribution et de solidarité sociale.
- Garantir la sécurité alimentaire (y compris dans nos pays) et l’accès à tous à une alimentation saine et suffisance (formulation de la FAO applicable aussi en France).
- Mettre en place le contexte réglementaire et économique pour le développement de productions Eco- responsable (économes en énergie et en matières premières) en s’appuyant sur la puissance de l’espace économique européen.
- Construire une Europe Unie, équilibrée et équitable au plan économique et sociale.
- Reconnecter l’économie financière à l’économie réelle (interdire par exemple les ventes à découvert de valeurs européennes ou par des opérateurs européens).
Après une carrière variée, dense et riche, je suis aujourd’hui un demandeur d’emploi quinquagénaire. Parallèlement, je suis très tenté, à partir d’une valorisation de mon expérience personnelle, culturelle et professionnelle de contribuer à l’évolution économique, sociale et politique en France et en Europe.
Je pense qu’elle peut se faire sur la base de réseaux sociaux et sur l’offre de dispositifs novateurs en termes d’offres de services (publics ou non, payants ou non), de la défense des intérêts des consommateurs et des contribuables d’une part ; sur la gestion de communautés d’idées d’autre part. Il s’agit naturellement de projets importants et nécessitant un investissement personnel à plein temps en plus de ressources techniques et financières non négligeables. Votre groupe parait porteur d’une part importante des ressources techniques indispensables et d’une structure internationale susceptible d’accélérer et amplifier la portée de telles initiatives.
Pour ma part , je pourrais me mettre à disposition d’un tel projet en y apportant, outre mon énergie quotidienne, mon investissement et ma créativité, les projets techniques et organisationnelles déjà évalués. Il va de soi, que cette orientation suppose de réunir des conditions économiques ( sponsors ) qui me permettraient de suspendre ma recherche d’une direction de business unit « plus conventionnelle ».
Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire, et serais ravi d’échanger avec vous sur ces thèmes, ces projets ou tout autre projet d’avenir.
Bien cordialement.
G.SALOMON
Merci beaucoup George, pour votre réponse longue, passionnate et équilibrée. Si j’ai mis si longtemps à vous répondre, c’est bien parce que je ne suis pas au jour du lancement d’un parti politique ou d’une ONG.
Je dois pourtant vous avouer qu’il y a quelques semaines, j’ai effectivement pensé à lever des fonds, dans le cadre d’une ONG, auprès d’expatriés, fiscaux ou non, qui viendraient, de leur plein gré, financer de belles actions de la France ou des français. Ils pourraient ainsi faire la preuve que ce n’est pas leur pays qu’ils n’aiment pas, mais ce que les états successifs en font.
J’ai ainsi imaginé que ce mouvement ou cette organisation, financée par du différentiel fiscal à une référence française, viendrait en aide à des démarches utiles mais exangues, ravagées par une crise de la dette, de la gabejie, mais surtout de l’incurie.
J’aime particulièrement ce que vous dîtes sur le dévoiment des systèmes sociaux et le manque de gouvernance démocratique de ces systèmes. Pas de doute. Il est probable aussi qu’un travail constitutionnel doive être engagé. Le paritarisme syndical de gestion, c’est du vent. Les déficits nous le prouvent. Mais que pouvons nous attendre démocratiquement et civiquement, d’organisations syndicales qui ne sont ni démocratiques (corporatisme inégalitaires), ni civiques (déficits abyssaux, organisation du désordre et de l’affaiblissement national) ?
Il est vrai que comme tout le monde, j’ai des choses à protéger. Une ptite entreprise, mondialisée, que j’adore, avec des gens qui bossent et dont la disponibilité le dispute à la bonne humeur. Ce que je leur dois m’autorise-t-il à me mettre en danger ? Certains de mes proches m’ont suggéré que non. Que les 550 collaborateurs et associés qui nous ont rejoint un peu partout doivent me faire réfléchir… Ce sont des voix qu’il m’est facile d’entendre.
Je réfléchis à ma situation fscale personnelle, c’est tout. Je ne veux plus contribuer à des projets qui ne sont pas clairs dans les objectifs et pas sains dans leur financement. Je ne me sens plus l’obligé de cet état. Il m’a donné beaucoup, certes, mais je ne crois plus en sa capacité à s’améliorer. Le degré de complexité a atteint le degré de paroxysme au dela duquel on ne contrôle plus la situation.
Je suis finalement très heureux, plus d’un an après de vous annoncer que j’ai finalement pris la décision de rester en France. J’ai en effet décidé d’utiliser la déclinaison française de la législation européenne sur les holdings. Il est probable que j’y reviendrai dans un prochain article. Sans rentrer dans un interminable débat fiscal, je dois dire que je trouve dedans ce que je recherchais, c’est à dire de neutraliser (ou presque) la fiscalité des dividendes destinés à être réinvestis. Je me réjouis de cette décision qui réconcilie ma carrière d’entrepreneur et mon amour de la France. Les coups de gueule, la tristesse que je ressens devant le manque de réalisme et d’ambition de la Nation continueront de m’habiter. Pour l’heure je suis heureux de cette décision.