Je repense à ce que je disais l’année dernière (en janvier 2008 !) quand la crise a commencé à frapper sérieusement à nos portes. Tout le monde s’enflammait sur les opportunités qu’elle n’allait pas tarder à faire apparaître. Je crois pourtant, qu’à l’heure actuelle, la crise n’a fait que détruire et que les énergies créatrices, post chaos, ne sont toujours pas libérées.
J’ai toujours, depuis le début, dit que nous ne pourrions faire un bilan qu’après un an. Je dirige sans doute l’une des entreprises européennes d’outsourcing et de consulting les plus créatrices de croissance organique (58% au premier semestre, probablement plus de 20 au 2ème). Mon jugement n’en est pas moins nuancé. Ce qui devait croître croît moins, ce qui devait stagner plonge et ce qui vivotait meurt. Le ralentissement de notre rythme de croissance tend à le montrer.
Pour le secteur de l’offshore outsourcing , tout le monde prévoyait des lendemains qui chantent… la réalité après 12 mois est toute différente. L’offshore indien s’est considérablement replié. Des entreprises qui vivaient avec moins de 10% de résultats et qui font face à une décélération brutale de 20, 30, 50% de leur CA ne restructurent pas leurs achats et leurs modes de production. Non. Elles se replient sur elles-mêmes et cessent au contraire toute forme de commandes externes, QUEL QUE SOIT LE PRIX, parce que l’urgence, dans ce cas, n’est pas l’optimisation de l’exploitation, mais celle de la trésorerie permettant de survivre.
Passé ce moment de stupeur et même de peur, les entreprises qui survivent vont commencer à faire des anticipations à nouveau, de leur niveau d’activité futur et vont effectivement commencer à adapter leur exploitation à ce nouveau contexte. Les plus malins prévoiront que les êtres humains n’apprennent jamais rien, dès lors qu’il est question d’argent et de profit. Les provisions de bonus de Goldman Sachs en sont la preuve évidente aujourd’hui. Les politiques ont gesticulé mais n’ont rien fait au fond. La reprise sera très lente et émaillée de plusieurs soubresauts sur les marchés financiers. Les cycles vont se raccourcir. Les conséquences se porteront sur la réduction du rythme de l’innovation et de la création, par aversion au risque dans un cycle encore plus court qu’avant. Une innovation devra trouver son point d’équilibre économique beaucoup plus rapidement dans les 5 à 10 prochaines années.
Les plus malins vont l’anticiper et intégrer encore plus de flexibilité à leurs modes de productions et chercher de nouvelles baisses des coûts de production. Les temps vont continuer d’être très difficiles pour les pachydermes. Ce raisonnement, nous en connaîtrons le fondement à l’ouverture des grandes manœuvres de budgets dans les grands comptes. C’est eux qui vont décider entre septembre et fin octobre de ce qui se passera en 2010 et 2011. Nous verrons à ce moment là quelle lecture ils auront fait de l’incroyable choc que nous vivons et s’ils décideront d’appuyer encore sur l’accélérateur de la réduction des coûts et de l’amélioration de la productivité des… services. Pour ma part, je suis optimiste pour les activités offshores en phase 2 de la crise.

























Commentaires sur cette entrée :
une coincidence comme ça. A peine avais-je publié cet article que Sophie me disait qu’un de nos prospects venait d’entériner le passage à l’outsourcing offshore pour certaines de ses productions. Bonne illustration de l’adaptation à la crise après période d’analyse.
@Fred, vivement apres crise 2010 projets
On y est presque “voila quelques messages positifs des indices macro, “Res Danone”
les entreprises et les multinationales ont compris qu’il faut reduire les marges
Offshore et outsourcing sont bien dans cette optique, maintenant faut falloir travailler sur cette images et encourager les “énergies créatrices” et “qu’ils faut liberer notre esprit reseau”
Bon grand week-end a vous tous.
Ami calmant.
Bonsoir Frédéric,
Jje suis 100% en phase avec ton analyse. Pour nuancer (à peine) le propos, je dirais qu’il y a néanmoins des clients qui étaient bien avancés dans leur réflexion et qui ont basculés au moment de la crise. cela a eu pour effet d’amortir quelque peu le choc.
Car tu as raison : les entreprises ne sont pas plus rationnels que les particuliers face à la crise. La panique domine, et on n’entre pas dans une phase de révision de ses process : on se replie sur soi.
C’est marrant, car je prépare un billet sur les impacts des démarches court-termistes… à suivre donc!
Bien cordialement,
JFR
encore une boite rencontree hier qui vient dmenteriner en conseil d’adm le passage a l’offshore pour la validation des pdts
@tous : offshore est depuis hier presente ” un remède miracle à la crise”.
Article tres interessant sur viadeo.
Bonjour,
Pouver vous poster votre article sur mon portail
http://www.outsourcingcontact.com
Cordialemnt
Bonjour,
Très bon article. Pour réconforter tes dires, aujourd’hui le placement financier rapportait plus que l’investissement ou la R&D, combien de sociétés j’ai pu connaître cette année avec de lourdes pertes financières à ce petit jeu du placement spéculatif !
Retroussez vous les manches et croyez dans nos ingénièries (inside ou outside).
Enfin, je pense, comme tu dis, que les pachydermes vont avoir beaucoup de mal à redresser deux ans de “courses aux centimes”, et que les structures plus légères en décisionnel tirent leur épingle du jeu et que leur réactivité face à cette crise n’est plus à démontrer. Vive l’outsourcing et la sous traitance !
Pour conlure, la première chose que j’ai apprise à l’école et dans la vie de mon entreprise, “le premier risque d’une entreprise est l’illiquidité”, ce serait bien qu’on redistile quelques piqures à ces donneurs d’ordre en bois.