Même à l’intérieur de Pentalog, il existe de bienveillantes petites voix qui me suggèrent, de temps en temps, que certaines des opinions que je développe ici, m’engagent trop personnellement, sur de terrains trop éloignées de l’objet social de l’entreprise. Les critiques que je formule parfois sur la politique intérieure de l’état français, ou roumain, en particulier, suscitent parfois quelques discussions au sein des instances dirigeantes. Je justifie en général mon choix de m’exprimer sur tel ou tel sujet en rappelant que notre modèle économique est directement dérivé des décisions politiques des différents états dans lesquels nous sommes implantés. A l’heure où il est tellement difficile pour les entreprises de générer des profits en accord avec les efforts consentis, il va de soi effectivement que les taux d’impositions, y compris frappant les personnes privées, sont bel et bien une variable décisionnelle importante pour le dirigeant. Croyez-vous que les gens de Bercy, de Matignon ou de l’Elysée, ne tiennent aucun compte de ce qui se fait dans les autres états ? Non, bien sûr ! Et bien heureusement ! Ils le font pour attirer en France des entreprises étrangères intéressées par le CIR (Crédit Impôt Recherche), par exemple. Pour quelles raisons saugrenues les dirigeants d’entreprises françaises ne feraient-ils pas la même chose ? Les engagements qu’ils prennent à l’égard de leurs actionnaires, dans un état de droit, sont des engagements de performance, qui intègrent des choix et des optimisations relatifs à la fiscalité. Certains s’engouffreront ainsi dans le catalogue des 32 527 niches, tandis que d’autres opteront pour le menu européen ou mondial.
En plus des rappels à l’ordre que je reçois en interne, je rencontre des collègues chef d’entreprise, voire des politiques et des hauts fonctionnaires, qui n’hésitent pas à me dire de faire ce que je veux, mais de ne pas le dire… au nom de ce fameux politiquement correct.
J’ai deux raisons de refuser. Tout d’abord, commençons par une bien pragmatique
. Vous êtes nombreux, il me suffit pour cela de consulter les statistiques, à préférer ces articles un peu polémiques. Un petit article un peu direct de temps en temps amplifie directement l’audience. Ce ton, les sujets abordés, constituent effectivement la marque de fabrique de Pentablog. Pourquoi irai-je publier ailleurs, alors que, comme je l’ai dit, ces sujets me semblent tous en lien, ou me sont soufflés, par mon contexte professionnel ? Consacrant ma vie à cette entreprise, il est naturel que ce blog accueille aussi mes doutes, des idées, mes colères…
A l’heure ou le travail de certains collaborateurs de nos éminents politiques est de créer de toutes pièces de menus scandales liés à l’organisation économique de la société ou des entreprises, où le petit théâtre a plus de d’importance que la vraie politique, je crois que dire ce que l’on pense est plus honnête que de dire ce que le système voudrait que l’on dise… quel que soit ce que l’on pense. La vraie malhonnêteté, et le vrai danger, ce sont le politiquement correct et la démagogie qui se sont emparés de nos nations « modernes ». Le degré de sophistication de la communication nous conduit à une situation ou le réel est disruptif par rapport au discours. Lamentable !

























Commentaires sur cette entrée :
Cela me rappelle une initiative législative Roumaine: un parlementaire proposait que le temps d’émission occupé par les “nouvelles négatives” pendant les émissions, soit égal avec le temps d’émission dédié aux “bonnes nouvelles”. Quelle hypocrisie et démagogie…
On risque de perdre une liberté d’expression (et d’impression
) au nom de politiquement correct.
Je ne suis pas un supporteur de l’idée que chacun DOIT s’exprimer par rapport a tout ce qui se passe dans la société (allez voir ce qui se passe sur les forums et agoras en ligne dont le contenu n’est pas filtré), mais ceux qui ont une responsabilité sociale sont même obligés de prendre leur rôle sérieusement.
Je pense que ton résumé, pointant la responsabilité sociale, est le bon. Le problème, c’est que de nombreux porteurs de responsabilités sociales se refusent en général à dire la vérité et préfère les discours convenus et partagés. Ce n’est pas toujours facile. Je suppose même qu’il m’arrive de céder à cette tentation, magré toute mon intention d’y résister. Nombreux sont ceux, du côté du recepteur qui ne veulent pas q’on leur dise la vérité.
“Nombreux sont ceux, du côté du recepteur qui ne veulent pas q’on leur dise la vérité.”
Je pense que dans tout contexte de l’expression de l’opinion, “la vérité” est un grand mot. Les gens peuvent partager une opinion ou pas, une opinion peut être confirme par le déroulement ultérieur des événements ou pas… ce n’est pas ça le sujet.
Vu que le VRAI n’est pas toujours le JUSTE (William Faulkner), je ne crois pas que la perception des idées par les interlocuteurs / récepteurs est le problème.
Il faut tout simplement continuer de les exprimer.
aie ! Pour une fois nous n’allons pas être d’accord. Je crois moi que la principale origine du phénomène de politiquemenent correct est une supputation relative à ce qu’un corps social est susceptible d’accepter sans protester. Le résultat est un tassement continu de la confiance envers le politique puisque les attendus ne sont jamais atteints… lequel entraîne vers toujours plus de précaution dans les mots et la quantité de vérités prononcées. C’est un cercle vicieux. Je crois justement que c’est bien ce VRAI, qui n’apparaîtrait pas JUSTE au plus grand nombre, qui retient le politique de communiquer sur la base du VRAI, fausse l’analyse, la synthèse et l’incite à nous servir… de la soupe
Et voilà : le débat intellectuel s’installe et se répand ! Pardon Marius, pardon Fred, mais le message perd sa saveur initiale dès que l’auteur répond à celui qui commente. Surtout si la fusée est à plusieurs étages. Dès le 2ème commentaire, le blabla s’installe : Stop au politiquement correct, et stop au blabla !
Décidément, c’est ma journée de désacord… La question “intellectuelle” qui vient de se poser est celle de l’origine du politiquement correct. Comme dab ce que dit Marius est parfaitement à propos. D’ailleurs Marius conviendra avec moi, pour finir sur un bavardage intello, que William Faulkner était bel et bien un auteur politique.