Il y a quelques jours, je suis tombé sur un article du Mag It qui commentait un tableau des résultats des SSII indiennes, lesquels s’effondre de manière continue depuis fin 2007. Plusieurs parmi elles enregistreraient même des pertes. Cette information, à part pour le cas de Satyam, m’a tout de même surpris car la pente est d’autant plus vertigineuse que ces sociétés sont parties de rentabilités incroyablement fortes. Certaines d’entre elles ont même affiché du 30% d’EBIT sur plusieurs centaines de millions. La raréfaction des clients en temps de crise ne me semble pas en mesure d’expliquer à elle toute seule une telle chute.
J’envisage plusieurs pistes :
- une clarté financière douteuse dans les années passées. Il fallait lever de l’argent pour financer les fabuleux complexes immobiliers. Il n’y a lors rien de tel que d’afficher des chiffres fantastiques
- le coût des investissements pharaoniques dans lesquels certaines se sont lancées. Quelqu’un connaît-il le bilan de ces sociétés et leurs dettes en particulier. Je me demande ce que ça représente sur leur overhead ?
- elles sont extrêmement sensibles à la parité roupie/dollar et le nouveau mouvement baissier de ce dernier pourrait bien faire très mal à nouveau. Tout ce qui s’importe aux US coûte alors de plus en plus cher, au profit de la production locale américaine.
Mais quoi qu’il en soit, la chute actuelle n’est pas en conformité avec la baisse des profits des compagnies américaines, européennes de l’Est et de l’Ouest qui travaillent sur les mêmes clients. Elles ne sont pas en train de connaître un passage de +30% vers -10 ! Les plus profitables vont passer de 12 à l’équilibre et les moins performantes passeront de 3 à -5%. Bref dans tous les cas, la baisse des profits se limitera à moins d’une dizaine de points.
Reste maintenant à voir si les sombres prédictions de cet article vont se confirmer ou non, balayant dans ce dernier cas l’intérêt de ce billet 

























Commentaires sur cette entrée :
@Fred : Reste maintenant à voir si les sombres prédictions de cet article vont se confirmer ou non, balayant dans ce dernier cas l’intérêt de ce billet.
J’ai passé tout le week end à assimiler une hypothèse que j’essaye de commenter ici (selon votre espérance de la question précitée).
Sujet : rentabilité des SSII Indiennes en temps de crise.
D’abord en essayant d’être objectif par rapport aux précédents actualités “Enron a l’India”,
1 ère hyphothèse :
- Cycle CA en haut de cycle + annonce de baisse de prix
2 ème hypothese :
- La montée de BPO (nearshore, en l’occurence Maroc – France, Malaysia – Singarore…etc.).
- La montée des 9 autres places premieres ([Inde en tête bien entendu]).
Je n’aime pas l’idée d’une troisieme hyphothèse car cela devrait se traiter tout une partie de des strategies fiscalistes Offshores :
Sinon :
- Le carry back existe sans doute en Inde.
- Les situations fiscales allegées.
- Les récentes investissements des Big Five Francais en Inde.
Donc comme vous je pense que l’Inde est en haut de cycle. En soft landing hahaha ???
En tout cas, tout est bien décrit dans l’affaire Enron a l’India.
Si on persiste a croire encore une hausse, cela ne devrait être que d’une situation fiscale.
- Le CA en Inde, montera que si les autres entités de prestations informatiques mondiales n’auront pas a consolider leur CA mondiales (France ~ 340M USD ~ 5% offshore Inde…etc).
- Comme l’Inde devrait traiter de plus en plus de qualité, il leur faudrait aussi adhérer aux nouvelles normes :
(rétrocession des droits = partage des bénéfices ; investissement en R&D, crédit d’impôt et de recherche ; et aussi des questions de confidentialité).
Offshore : par définition : c’est la fiscalité !!!
Comment on peut lire des trucs comme telle grosse société côtées aux Nasdaq outsource en Inde ??? malheureusement que ces news ne sont pas d’une importance significative pour leur action en Bourse, mais demain peut eetre cela va influencer en new sur fil Reuters ???, peut etre que Microsoft signe un contrat de untel montant avec une societe indienne, mais sur des solutions/produits commercialisées il y a plus de 30 ans ?.
Merci de m’avoir lu attentivement.
Bien à vous
@DB
@ Je passerai sans doute le week-end prochain à essayer trouver/analyser/auditer leur bilan sommaire.
- situation sociale
- situation fiscale
- situation R&D
Bonjour Duc,
J’ai bien lu votre comment. Je partage pas mal de chose que vous dîtes ici.
Sur le plan fiscal tout d’abord. Les pays développés utilisent de plus en plus la formule du crédit impôt recherche (Pentalog est agréé par l’Etat français en France et en Roumanie). Bien entendu, seules les entreprises ressortissantes de l’Union Européennes y ont droit. Pour nous, lorsque ce cadre est utilisable, cela met la Roumanie à un niveau de prix proche du Vn et la France presque au niveau de la Roumanie. C’est bel et bien une adaptation fiscale au contexte de la crise, pour lutter contre l’offshoring des process de R&D.
Le carry back ou back sourcing est une tendance particulièrement forte aux US depuis l’année dernière, sous l’effet de la chute du dollar face à toutes les monnaies du monde.
Les premières touchées par ces phénomènes sont bien sûr les entreprises indiennes.
Elles vont continuer à bénéficier du boom de l’offshore. On parle de 45% cette année (!) en France mais tout en vivant leur première crise de maturité.
Il y a fort à parier que les premiers bénéciaires seront plus en Europe de l’Est et en Afrique du Nord… au Vietnam bien sûr, aux Philippines et en Malaisie.
Bonjour,
Il me semble en effet que les conséquences de la crise, et particulièrement l’arrêt (ou report/retard dans les meilleurs des cas) de certains projets, étaient évidemment totalement inattendues, imprévisibles, et que les conséquences sont immédiates. Les investissements consentis en fonction de prévisions de poursuite d’une croissance effrénée se révèlent peser lourd dans les comptes des sociétés indiennes.
Comme Frédéric l’indique, les entreprises indiennes sont les plus exposées et les premières touchées. Et oui, elle vont continuer à bénéficier du boom de l’offshore. On peut leur faire confiance quant à leur capacité à s’adapter.
Entre temps, le marché du nearshore va en bénéficier et on va assister à un certain rééquilibrage de l’offre, ce qui est bon pour les clients.
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