A l’heure de l’explosion de la demande d’ingénieurs dans le monde, la démographie des pays dit développés ne fait plus face. L’offshoring dans ce contexte permet d’étendre la capacité globale d’ingénierie de pays en manque de main d’œuvre. Comme je le disais, il y a quelques jour, l’Allemagne rentre concrètement dans le dur à partir de cette année.
L’autre possibilité, qui pourrait tout aussi bien se réaliser, c’est que la tentation de céder à l’appel de l’occident soit trop forte pour les jeunes diplômés des pays off/nearshore et qu’ils ne cèdent aux sirènes de compagnies prises au piège de la démographie et de l’abandon des professions d’ingénieurs.
Tous les opérateurs de l’ITO de Moldavie, de Biélorussie, d’Ukraine et de quelques autres pays à la qualité de vie assez moyenne le savent bien. L’année dernière, à la même époque de l’année, je me battais, un peu à la Don Quichotte, pour inciter les moldaves à rester en Moldavie. Je crois que j’ai réussi avec 2 personnes seulement. Depuis, l’exode a continué.
Je continue à m’entretenir avec quelques uns qui ont fait le grand saut, de l’autre côté de l’Atlantique. Ils sont nombreux à ne pas être vraiment heureux là-bas, car on ne laisse pas les siens derrière soi sans conséquences, mais sans regretter complètement leur choix non plus. Et je sais bien pourquoi…
Rien, en Moldavie ou en Ukraine, ne semble montrer un quelconque changement. Les hôpitaux restent des usines de mort, le niveau de l’école n’incite pas à faire des enfants, les routes sont des coupes gorges… La démocratie a connu un petit fleurissement en Moldavie et je veux le saluer. Mais quand les entreprises ne payent pas leurs charges sociales et leurs impôts, les employés ne les payent pas non plus, n’est-ce pas (les impôts et les charges étant prélevés à la source) ? Dans ces conditions, toute amélioration des services publics est inenvisageable.
Pourtant, les gouvernements de ces pays ne cessent d’afficher un intérêt élevé pour le secteur IT, voyant là un débouché réel à l’exportation, sans grand besoin d’infrastructures (comparé à l’industrie par exemple), et un moyen de fixer sur place une main d’œuvre qualifiée, à haut pouvoir d’achat. Ces messieurs du gouvernement (il n’y a pas beaucoup de dames malheureusement), continue plutôt d’ignorer que ce public là a souvent goûté à l’international, a des amis dans d’autres pays et communique intensément avec eux. Ils oublient que des gens qui passent plusieurs années à l’université développent des réflexes sociaux de haut niveau et surtout qu’ils rêvent ensemble.
En Moldavie, un accord se dessine entre les sociétés qui payent l’impôt et les charges pour établir une pression très forte sur telle ou telle autre compagnie, qui utilise un paradis fiscal pour payer ses employés
, par exemple, ou celles qui payent des différentiels de salaires en liquide à leurs employés. Il faudra donner du sens à ce premier réflexe collectif.
C’est très simple et nous le savons maintenant depuis longtemps, la plupart de ceux qui prennent la voie de l’exode recherchent un meilleur système de santé, d’éducation, de transport… bref plus d’harmonie.
Les gouvernements de ces pays doivent comprendre qu’il n’est pas possible de retenir au pays des ingénieurs et d’organiser une filière software outsourcing sans mettre leurs infrastructures sociales sur la voie du progrès.
A vous aussi les clients, de choisir des entreprises qui respectent les lois des pays dans lesquels elles sont implantées et complètent les systèmes locaux par des régimes de protection privés lorsqu’ils sont disponibles. A vous aussi de choisir les pays qui s’orientent résolument dans la voie du progrès. Vous risquez autrement de vous exposer à beaucoup de turn over du à l’exil, et donc de perte de temps. Certains pays sont plus que d’autres frappés par ce qui est une véritable malédiction pour ceux qui restent. Privés de la force de travail et de l’expérience de ceux qui font défection, ceux qui restent doivent assumer de plus lourdes charges de travail, quand les clients ne partent pas, purement et simplement.
En ce sens, je dois avouer aujourd’hui qu’au sein de Pentalog, nous trouvons en Roumanie plus qu’ailleurs, un cadre européen tout de même, qui, loin d’être idyllique, respecte les règles fondamentales des sociétés modernes. Quoiqu’un peu plus cher que nos autres alternatives, il fournit à nos clients une solution particulièrement efficace… avantage à l’Union donc, aux systèmes sociaux et à la démocratie.
























