Je me suis posé cette question hier soir en faisant le point sur la situation en Moldavie… laquelle n’avait rien de réjouissant.
Pourtant, je me suis alors fait cette réflexion, à savoir que tous pays offshore étaient sans exception des dictatures et que les pays nearshore étaient déjà presque tous des démocraties. Vous allez penser que je caricature, mais la petite liste suivante me donne raison :
- Nearshore : tous les pays de l’Europe centrale et orientale, membres de l’UE sont des démocraties, n’en déplaisent à ceux qui ne savent pas ce que c’est qu’une dictature. L’Argentine, le Chili, l’Uruguay sont les pays nearshore des US et posent peu de problèmes à leurs habitants. En Europe, les exceptions ont toute la même caractéristique ; ce sont d’ex RSS (Moldavie, Bielorussie, Ukraine). Le bonheur ne revient pas vite là où l’impérialisme de Moscou est passé. La palme revient sans doute à la Biélorussie, qui elle a toujours un leader de l’ère Crétacée (l’ère des crétins ?). Le Maroc n’est pas une démocratie et il est bien possible que la France ait contribué à cette situation. La Tunisie n’est pas une démocratie non plus et veut jouer également la carte du nearshore.
- Offshore : Madagascar tient quand même la une depuis un petit moment, mais l’Inde est-elle une démocratie quand 80% de sa population vit un sort innommable que personne ne veut améliorer ? La Chine, l’Indonésie, la Malaisie, mon cher Vietnam, ne sont pas des exemples de respect des droits de l’homme non plus. Finalement, je ne trouve aucune démocratie dans la zone offshore
Alors, est-ce que cela veut dire que la démocratie coûte trop cher pour notre industrie ? Ce n’est pas impossible en fait, quoique pourtant réducteur. Pas plus tard que la semaine dernière, un de nos concurrents sur les ressources humaines en Moldavie, souhaitait que les communistes gagnent l’élection « pour que rien ne change ». Je ne me prononcerai pas ici personnellement sur l’élection moldave car je ne suis pas légitime. D’ailleurs, pour moi, le problème n’est pas que les communistes gagnent où perdent cette élection. La vraie question est de savoir quel sera le régime, qui, par sa politique, assurera le développement économique du pays et le respect de droits élémentaires à l’éducation, à la santé, à voter sans doute sur le respect des procédures démocratiques. Là sont les vraies questions. J’expliquai donc à ces gens, que nous, les compagnies de soft, devions payer nos charges sociales, en vraies entreprises citoyennes, quitte à demander des contreparties fiscales pour nous et nos salariés. Je leur expliquai alors ce que tout le monde sait, y compris eux, à savoir que les gens quittent ce genre de pays pour les conditions de vie plus que pour le salaire (ce que la plupart du temps, les dirigeants ignorent). JE NE PARLE ICI QUE DE NOTRE METIER. Mais ce garçon a refusé de l’entendre en m’expliquant le bienfait de son système salarial, basé sur l’utilisation d’un paradis fiscal pour payer ses salariés. Je reviendrai sur ce sujet un de ces jours.
Je crois en fait que ce n’est pas la démocratie qui coûte cher en elle-même. Personne ne conteste la vigueur de la démocratie canadienne et pourtant le travail y est beaucoup moins cher qu’au Luxembourg, en Suède, en Allemagne et même qu’en France.
Je ne cherche pas à retomber absolument sur mes pieds à la fin de cet exercice difficile, mais je dirai que ces pays ont besoin des revenus que nous générons. Je dirai aussi que nous sommes des entreprises exigeantes en termes d’infrastructures éducatives mais aussi techniques. Nos entreprises sont également par nature ouvertes sur l’extérieur via leurs clients. J’ai parfaitement senti l’émotion de ceux qui ont partagé cette semaine difficile avec nous. Ils se sont intéressés à ce qui se passait et en ont discuté avec les équipes. Les salariés des entreprises offshore, qu’ils soient moldaves, marocains ou biélorusses sont bien souvent à l’avant-garde démocratique de ces états et partagent souvent des attentes très supérieures au reste de la population. Nous leur offrons bien souvent la seule solution de mettre leur savoir à profit tout en restant dans leur pays.
Et pour conclure, je dirai que personne, pour ces raisons d’ouverture indispensable, ne peut s’implanter dans les pires dictatures, quel que soit le coût salarial. Qui fait de l’offshore en Corée du Nord ou de Nearshore en Lybie ? Ainsi, la présence d’activité offshore informatique pourrait donc servir de mesure au degré de dureté d’une dictature ! Etonnant non ?





















