PeopleCentric, comme Alex vous l’a révélé la semaine dernière a beaucoup été évoqué dans nos conversations californiennes, que se soit pour sa participation à la croissance et au succès de Pentalog que pour son propre potentiel. Nous reviendrons nécessairement sur ce dernier volet dans les semaines qui viennent, dans le cadre de la levée de fonds lancée par la start up franco-roumaine.
Je vous parlerai plutôt aujourd’hui du potentiel de croissance détecté par Pentalog en matière de demande d’outsourcing. Partout où nous sommes passés, en effet, nous avons croisé les mêmes problèmes de manques de ressources dans les start ups, d’une part, mais même parfois chez les plus grands acteurs. Nous avons été reçu chez Salesforce, avons discuté avec des gens d’Apple, des anciens d’HP, et tous confirment, invariablement, que les développeurs sont rares et parfois très chers. Les plus talentueux, sur les technologies les plus demandées, et travaillant sur le cœur des algos, peuvent revendiquer des salaires supérieurs à 200 000$. Attention, ce n’est pas une moyenne. Mais le salaire, dans les start up, est bien souvent complété de paiement en actions. C’est aussi un moyen évident de modérer les prétentions en cash. Les plus grands, en particulier, se servent de cet instrument et payent moins au final, en faisant miser leurs employés sur la qualité du business plan.
La propension à outsourcer devient alors très grande, profitant majoritairement aux géants indiens, certes, mais pas uniquement. Les entreprises d’Europe de l’Est sont en effet particulièrement appréciées et s’affichent plus comme des entreprises de technologies émergentes. Les ukrainiens, les russes, mais surtout les biélorusses semblent particulièrement présents. Plusieurs SSII roumaines sont là aussi, de même que des chinois, des philippins et des vietnamiens. Ce dernier pays, de même que la Chine, a pour l’instant une très mauvaise image, principalement due aux difficultés de communication et au manque d’intérêt, nous a-t-on dit, de leurs équipes pour les projets des clients. Cette représentation ne correspond pas à notre vision de ce pays, même si nous partageons ce point de vue en ce qui concerne les difficultés linguistiques.
Notre décision, d’aller ou de ne pas aller, aux USA, n’est pas encore formellement prise. Clairement, les nombreux arguments de Pentalog, dont la pépinière et le fast ramping, font mouche ici, les entreprises offshore de qualité n’étant pas assez nombreux. Le travail marketing à accomplir est très conséquent. Le faible décalage horaire, un atout de Pentalog en Europe, disparaît totalement, de même que la francophonie, qui est le cadet des soucis des entreprises américaines bien évidemment. Il faut trouver autre chose. Les excellentes performances de Pentalog en matière de turn over des ressources humaines plaident clairement en notre faveur, de même que notre modèle de participation, semblable à de celui des entreprises américaines. Notre maîtrise des SMQ, nos mesures de satisfaction et de recommandation également.
Nos premiers feeling sont d’ailleurs excellents. Nous n’avons pas moins de 4 propales à faire après une semaine de présence seulement. D’ores et déjà, je peux dire que le principe d’un prochain voyage en Californie est proche, entre aout et novembre par exemple. Aurons-nous, d’ici là, réalisé un premier closing ? Cela me paraît difficile, mais après tout pourquoi pas ?
Cette aventure est très impliquante pour moi, puisqu’elle prend place dans un agenda surchargé. Mais l’organisation n’est-elle pas un talent que je suis sensé avoir
) !? Beaucoup me disent qu’on ne réussit pas une implantation américaine sans un déplacement de longue durée de son patron sur place. Je leur répond simplement que vais y réfléchir, que ce n’est pas une décision facile. Le déplacement du siège est même parfois au programme : Talend, Business Objects, Viadeo, sont autant d’exemples français.
Alex et moi souhaitons remercier chaleureusement toutes les personnes que nous avons rencontrées ou qui nous ont aidé dans l’organisation de ces discussions passionnantes. Je pense à Carole Granade de la Chambre de Commerce franco-américaine à SF, à Rémi Vespa qui fut un collègue de mon père à la fin des années 80 et qui vit à SF depuis 1995. Je pense aussi à Anthony, à Frédéric, à Anselme, Matt, à George Haber (un grand vétéran roumain de la SV), à Gwendal, à Carlos, à Jorge… Enfin un immense merci à mon grand copain Jean-Michel Fournier, qui fut mon client vers la fin des années 90, mais surtout un vrai compagnon de mon début de carrière, tout comme je fus le sien. Devenu associé de Pentalog en même temps qu’il partait aux USA pour mener une remarquable carrière de VP executive chez les plus grands (HP, Unisys, United Health Group), il est resté mon ami et nous a remarquablement accueillis et orientés. Merci ma poule…

























Commentaires sur cette entrée :
Que te dire après ça, mon fils ? Que le rève d’Amérique est toujours aussi difficile à atteindre qu’au temps des pionniers, d’autant qu’eux n’avaient rien à perdre, hormis leur vie. Que j’ai vu Renault s’y casser 2 fois les dents. Pourtant la 2ème fois, ils avaient “THE produit”, l’Encor, version parait-il américanisée de la R11 … Mais aussi, que ceux que tu cites y sont allés avec un [embryon de] produit et ne doutaient de rien, et que le marché doit y être géant.
Donc, 2 questions :
- Qu’est-ce que Pentalog peut apporter d’utile aux américains ?
- Qu’est-ce que l’Amérique peut apporter de bon et d’utile à Pentalog ?
+ une subsidiaire : comment diable faire marcher le modèle Pentalog là où il fait nuit quand il fait jour ici et inversement, sans casser cette belle machine que vous avez tous construit ?
Quelle référence, une Renault 11 ! à l’heure ou les japonnais lançaient des modèles dont les noms commerciaux et la philosophie existent toujours 25 après, grâce à leur qualité et leur capacité d’incarner durablement une époque : Colt, Accord, Prelude, 323, Patrol, Micra, Civic … Aucun de ses noms commerciaux n’a changé. Visiblement Renault n’avaient même pas bien pensé son produit phare au niveau européen puisqu’il lui a fallu le peaufiner à 3 reprises pour parvenir à donner à un produit un nom et une incarnation mondiale durable. Ce sera la Mégane, mais il aura fallu attendre plus de 15 ans pour comprendre que le consommateur d’un produit peu onéreux veux être fier de ce qu’il achète et que le produit doit être partiellement un reflet de sa personnalité.
Quel aveuglement de se lancer avec un produit aussi fade et minable dans un monde nouveau !
Bon, c pas le sujet.
Nous avons identifié un intérêt, attesté par leur présence grandissante sur place, pour les entreprises est-européennes. Les entreprises américaines de technologie font face actuellement à une explosion de leur demande en même temps qu’à une raréfaction de la ressource. Rompues à l’offshore avec l’Inde, mais souffrant des sempiternelles différences culturelles, le travail avec l’Europe de l’Est facilite les choses puisqu’il réduit le décalage horaire de 5 à 9H selon la destination asiatique choisie. C’est sont mes 2 premières réponses :
- réduction du time shift
- réduction du gap culturel réclamée à corps et à cri. Les anglais sont en train de faire la même chose.
La description de notre organisation qualité et notre rapidité de ramp-up font mouche également. La rapidité d’exécution de la stratégie est placée très haut dans les critères américains pour résister à la concurrence, orientale en particulier. Les promesses de Pentalog en la matière leur conviennent.
Ce que les US peuvent nous apporter :
- de la croissance. Même élevé, notre rythme faiblit (+25à 32% cette année) en Europe et je suis interessé par ce gigantesque réservoir nouveau. Notre PDM en France est de 1% du low cost environ, ce qui nous place dans le top 10. Nous pouvons grandir mais ils sera de plus en plus difficile d’aller plus vite que le marché. L’offshore nearshore demande plus d’investissements techniques et matériels que les services locaux,. Assoir ces investissements sur un CA plus élevé est donc une clé de performance économique.
- des projets novateurs pour nos équipes. Toute l’innovation logicielle mondiale ou presque part de la Silicon Valley ou la rejoint un jour (même BO a fini par le faire). à l’heure de la raréfaction de la ressource humaine, la sélection des meilleurs projets est un plus considérable dans notre pouvoir d’attraction.
- du rêve et un accomplissement pour des équipes managériales qui ont toujours été vues comme des outsiders par nos concurrents mais qui ont réussi à conquérir la France, la Belgique, la Suisse, L’Allemagne,l’Autriche, la Roumanie, la Moldavie, le Vietnam… L’Amérique est un stimulant puissant et un véritable Everest du business. Les Pentaloguiens, en véritables athlètes, s’y intéressent je crois.