Ce matin en prenant le Wall Street Journal à Roissy, je suis tombé sur un article qui m’intéresse à plus d’un titre. D’abord parce qu’il est consacré à l’un des géants de l’offshore mondial mais aussi parce qu’il est consacré à la première fraude comptable géante de l’Inde moderne. Sans rentrer dans une traduction de l’article et en résumé, le président fondateur de Satyam (53 000 employés tout de même), vient de reconnaître une gigantesque fraude, qui démarre par des facturations imaginaires (plus de 115 millions de dollars sur le dernier trimestre pour un chiffre réel à peine supérieur à 400 !), entrainant bien sûr un bénéfice totalement pipé… et des réserves de cash surévaluées 25 fois ! On n’y va pas avec le dos de la cuiller chez Satyam.
Les justifications laissent pantois : exposer le gap de profitabilité aurait fait tomber l’action, ce qui aurait exposé la compagnie à une OPA, ce qui aurait révélé le gap au grand jour ! C’est la logique de tous les tricheurs depuis toujours. Mais pourquoi le scandale explose-t-il maintenant ? A cause de la crise bien sûr ! Car la réserve de cash, déjà très loin des chiffres affichés (66 millions de trésorerie réelle contre 1,6 milliard dans les livres de comptes) risque de ne pas permettre de passer les échéances très proches. Bref Satyam est mort. L’action a baissé hier de 78% même si les opérations se poursuivent aujourd’hui. Cette crise va révéler la vraie puissance de l’IT indien. Car de deux choses l’une, où ils sont aussi forts qu’ils l’affichent et dans ce cas, Satyam sera racheté dès demain dans une large compétition à laquelle prendront part presque toutes majors indiennes et occidentales…ou le mal qui affecte aujourd’hui Satyam a déjà gangréné ces petits camarades. Car, effectivement, s’ils sont si forts, comment résister à la tentation de racheter ce très grand confrère qui revendique des contrats énormes avec Caterpillar, Nestlé, Sony, Nissan, General Electric… ? Excusez du peu, ça vaut la peine.
Cette crise va nous révéler la vraie puissance de l’industrie logicielle indienne. Je ne préjuge de rien, mais je ne suis absolument pas certain des capacités réelles de Wipro ou d’Infosys dans ce contexte. Seul le groupe de Rathan Tata me paraît fondamentalement plus sérieux. Deuxièmement, qui, parmi les très grands occidentaux peut résister à la tentation d’une telle puissance offshore ? Le comportement des majors occidentales dans la crise Satyam sera lui aussi riche d’enseignements. Car nul doute que la demande des acheteurs est bien là pour basculer le plus possible en offshore. Il n’y a pas que pour l’automobile et la finance que 2009 sera une année charnière.

























Commentaires sur cette entrée :
Ahma, c’est à cause des options stratégiques : DSP ….ML, expirée fin 2008.
Ils ont tout simplement expliquée que le haut du bilan était bidon (=options zéro monnaie singe),
Donc ceci n’a rien à voir avec le secteur offshore en Inde ?
Par contre cela renforece la méfiance des co-contractants d’autant plus le mot “satyam” en indien veut dire “truth” héhéhé !!!!
D’ici là bon week end à tous !
C’est totalement du à des facturations bidon.
Nous allons voir maintenant si l’opportunité Satyam intéresse les autre majors indiennes.
bonjour,
ma première analyse a été un peu bacle voici la pre_âne à liste!!! version démysthiéee de la haute finance.
partons du principe des soldes bancaires de comptes courant pour faire un audit. et par PWC ensuite transmis en normes uèshai.
il y a bien eu a u moment donnee de ces cash!!!! héhé
désolé de vous contredire
la question est donc de savoir où est l’argent peut etre dans myatsam donc aux fils RA..???
sincerement
duc
FYI: j’ai deux casquettes la finance internationale (audit) et it manager (audit TMA)
Je ne suis pas si sûr de cela, même si je ne me prétends pas expert.
Le manque, relativement à une trésorerie théorique, doit pouvoir se dissimuler de plusieurs manières :
- multiplier les comptes
- prétendre avoir des délais de paiments tès long
- avoir des complicité dans les banques
Au moins, je suis d’accord sur un point, c’est que c’est maintenant aux autorités indiennes de se prononcer.