La question des langues à Pentalog a toujours été perçue comme fondamentale. Mardi soir, alors que nous recevions à Bucarest, des représentants du plus gros client de notre filiale Pentalog Technology, commune au groupe Ausy, l’un d’entre eux, surpris d’être entouré de 11 roumains parlant tous français (même si George doit faire mieux
), m’a demandé quelle était la première langue du Groupe. Je lui ai répondu que c’était l’Anglais, puisqu’il est obligatoire et de toute façon parlé par 100% des ingénieurs aujourd’hui (donc 550 personnes). Pour la deuxième langue, c’est un peu plus difficile. J’hésite entre le Français, parlé par 80% de salariés roumains, 40% des vietnamiens et 90% des moldaves, les 3 allemands et 0,5 israélien J… et le Roumain, parlé par 100% des roumains, bien sûr, mais aussi des moldaves. La langue française réunit donc, d’après ce rapide calcul statistique, 443 personnes et arrivent donc derrière le Roumain, qui en réunit 470 !
Vient ensuite le russe, avec 100 personnes environ, en Moldavie et au Vietnam. Vient ensuite le vietnamien. Je ne sais pas qui l’emporte pour la 6è place entre l’allemand et le hongrois. Nous avons ensuite les langues qui ne sont parlées que par moins de 20 personnes de toutes façons et que je ne recense pas ici (japonais, mandarin, italien, espagnol…).
Cette répartition linguistique reflète-t-elle notre chiffre d’affaires ? Oui et non. Le marché français, (mais nous n’avons pas que des projets francophones en France), reste de très loin le premier de l’entreprise. Il représentera cette année entre 12 et 13M€, sur le 16 à 17 que réalisera le groupe cette année.
La deuxième source de marché, c’est l’Allemagne, avec plus de 2M€. Nous identifions le manque de collaborateurs germanophones, d’ailleurs, comme un frein à notre expansion dans ce pays. Nous y travaillons toutefois… et c’est d’ailleurs l’une des raisons qui motive les voyages de Monica, Manu et Raluca dans l’ouest roumain, tout comme celui que je ferai en Pologne la semaine prochaine avec Alex. Il faut toutefois reconnaître que nos cousins allemands sont plus habitués que les français à travailler en anglais.
Le troisième revenu, vient du marché intérieur roumain, où nous générerons environ 1,5M€ en 2010.
La répartition des langues dans l’entreprise n’est ainsi pas conforme à la dispersion du CA. C’est donc naturellement un axe sur lequel nous devons travailler. Renforcer la germanophonie est la première priorité, c’est entendu. Mais je pense de plus en plus que nous devrons promouvoir notre ressource russophone pour accompagner nos clients allemands et français dans leur conquêtes de la Russie et de l’ex URSS, comme nous l’avions fait, il y a deux ans, avec BNPPARIBAS en Ukraine, ou même, d’ailleurs, mais dans une moindre mesure avec Société Générale en Moldavie.
Les langues et la culture sont plus que jamais un vecteur de business et pas seulement pour le marché français. La globalisation est à ce prix. Pentalog demeure aujourd’hui le N°1 du nearshore francophone, sa force de travail et son offre le positionnent au sommet dans l’UE, mais il doit augmenter ses efforts pour renforcer et solidifier encore sa position en Europe.

























Commentaires sur cette entrée :
Ce qui met Pentalog au-dessus des autres boites de nearshore/offshore en terme de multilinguism, c’est l’investissement continu dans la formation des collaborateurs.
Meme si la plupart des gens parlent Anglais / Francais, on fait des cours d’Anglais et Francais (Allemand aussi dans certaines agences, a ce que je sais) pour ameliorer leur niveau. Surtout que le fait qu’un candidat ecrit dans son CV qu’il parle Anglais et Francais ne veut pas dire qu’il est vraiment capable d’employer les deux langues d’une manière satisfaisante dans n’importe quel contexte.
Un des points forts de Pentalog, c’est que en utilisant les cours de langues etrangers, on renforce le multi-culturalisme et l’ouverture des gens vers les autres. Je trouve que le fait d’avoir des collaborateurs qui sont capables de communiquer d’une manière cohérente, sur des sujets extrêmement diversifiés est la vraie richesse.
Une langue est plus intelligente que ses locuteurs pris individuellement. Elle a une meilleure mémoire, elle véhicule une culture, une histoire, un pays. Une langue c’est une foule. Si la langue est une jeune fille qui s’installe chez vous, au bout d’un moment on a envie de connaitre sa famille, son pays, de savoir à quoi correspondent les mots qu’on a appris, de connaitre leur musique… Et c’est pareil pour l’éthique du Pentalog.
On ne s’éloigne pas de sa langue maternelle quand on apprend une nouvelle langue au contraire, on lui découvre des aspects insoupçonnés. En s’ouvrant à une autre langue, on voit que ce qui paraissait naturel dans la sienne ne l’était pas tant que ça. Pour les roumains, le français nous donne le sentiment d’une grande liberté, je trouve.
Je pense que l’imagination joue un rôle fondamental dans l’apprentissage des langues. Ce qui est indispensable pour apprendre une langue c’est d’avoir un projet personnel. Pentalog fait un bon travail stimuler ses partenaires de cette façon !