Dans une conversation dans un groupe linked in auquel nous participons, je viens d’avoir un échange avec quelqu’un qui me justifiait la relative insuffisance du niveau d’anglais des développeurs ukrainiens en m’expliquant que la communication, dans un projet offshore n’est pas nécessaire pour tous les membres de l’équipe et que disposer de quelques bons locuteurs d’anglais était suffisant.
Je suis en total désaccord avec ce genre de position que j’ai également entendu au Vietnam. Avec l’affirmation des méthodes Agile, il devient impossible d’accueillir dans les équipes des personnes ne disposant du niveau suffisant de pratique de la langue du projet. La pratique des méthodes Agiles, disons le franchement implique un niveau de langue élevé, y compris oral.
Mais je vais plus loin et j’affirme que la pratique de la langue anglaise n’est pas suffisante pour les entreprises ITO qui veulent se distinguer. A Pentalog, nous avons largement fondé notre succès sur la pratique de plusieurs langues étrangères dans nos équipes, au premier rang desquelles, bien sûr, figure le français et l’anglais… mais pas seulement.
En 2008 et 2009, les équipes de Pentalog ont mené des missions en roumain (je parle de français parlant roumain pour le compte de grandes entreprises roumaines), en russe (à Kiev et Chisinau), en allemand et bien entendu en français. Nous avons récemment recruté plusieurs germanophones afin de renforcer encore notre capacité d’empathie avec ce très grand pays, naturellement fier de sa culture et de sa langue.
Je ne dis pas qu’il est impératif de parler d’autres langues que l’anglais pour travailler avec les pays non-anglophones. Toutefois, la puissance et la qualité de l’interface de pilotage profiteront forcément de la capacité de certains membres de l’équipe projet à s’exprimer dans la langue du client. Ainsi, au risque de surprendre, j’affirme que si les clients roumains apprécient particulièrement l’expérience des consultants occidentaux, ils préfèrent tout de même ceux d’entre eux qui ont appris le roumain… et n’hésitent d’ailleurs pas à nous le demander. Il y a quelques années, jamais un cadre roumain n’aurait osé demander cela à une entreprise occidentale.
Parler des langues étrangères pour un développeur, c’est être capable de présenter son travail, être capable de faire une communication sur ses idées, mais c’est aussi ce qui lui permettra d’évoluer vers des fonctions de management de la relation client, d’études fonctionnelles et de consulting. Pas de doute, en business analyse, que l’excellence professionnelle passe par la langue du client. Pas de doutes non plus que les meilleures entreprises offshore/nearshore proposent également ces services depuis un certain temps.
Dernier point, désormais, la pratique de l’anglais, y compris à un niveau exceptionnel, ne constitue plus une particularité. Il faut désormais beaucoup plus d’ambitions que cela. L’objectif pourrait être que tous les développeurs puissent travailler dans un minimum de deux langues européennes. A Pentalog, nous en sommes vraiment très proches puisque nous comptons près de 80% de trilingues complets, 25% de quadrilingues complets et quelques-uns vont même au-delà, parlant 5 ou 6 langues couramment. Ce ne sont pas ces quelques exceptions que je souhaite mettre en avant, mais l’effort de fond que nous faisons pour que nos équipes puissent se distinguer sur le 1er et le 3ème marché d’Europe. Chaque année, nos formateurs dispensent 1000 journées de cours de langues. Nos effectifs y consacrant eux plus de 1500 jours hommes par an et près d’un tiers notre budget total de formation (entre 500 000 et 600 000€ en 2009). Le problème des marchés britanniques et américains, c’est que tout le monde peut travailler dessus, de l’Europe de l’Est à la fédération indienne, à la Chine en passant par les Philippines. Du reste, les prix moyens payés par les entreprises anglo-saxonnes sont souvent inférieurs à ceux acceptés sur le vieux continent.
Ces chiffres sont une des clefs de notre réussite. Ils nous permettent de gagner les contrats que d’autres ne peuvent pas gagner, parce que le client ne veut pas perdre de temps à traduire ou perdre de la finesse dans la traduction. Si l’IT était une science, pas une seconde de doute, ce serait une science humaine, mais requérant des techniques, des moyens et des méthodes appartenant à l’univers de la technologie.

























Commentaires sur cette entrée :
Ai perfect dreptat, sef !
On peut faire une cartographie des langues parlées à Pentalog, non ? Et puis voir avec ces langues, combien pourcent de la population terrienne qu’on peut communiquer avec.
Je crois que ça va être impressionnant