01Net a publié récemment un dossier sur la « planète offshore », qui fait un état des lieux des destinations offshore actuelles et de leurs spécificités respectives. Pour résumer en quelques lignes :
L’Inde, pionnière de l’offshore, reste bien sûr en pôle position avec un CA de 36 milliards de dollars pour l’industrie informatique et 44% des parts du marché de la sous-traitance du logiciel au niveau mondial. L’expertise indienne est connue et reconnue. La force des prestataires réside dans leur polyvalence (développement, intégration, infogérance, TMA, BPO) et dans leurs méthodologies industrialisées parfaitement rodées (qui restent mieux adaptées aux gros projets qu’aux petits), sans compter les 400.000 ingénieurs formés chaque année, dont plus de la moitié sont des anglophones de haut niveau. Mais il subsiste tout de même une barrière culturelle et linguistique, sans oublier le turnover de 20% en moyenne et une hausse des salaires de l’ordre de 10 à 15% par an, qui font perdre de son attractivité à la première puissance offshore mondiale. Du coup, l’Inde est concurrencée par la Chine, qui forme, elle, 700.000 ingénieurs chaque année à un niveau de salaire identique. Mais les problèmes liés à la langue et au décalage horaire y sont encore plus flagrants pour les occidentaux. D’autre part, le manque d’expérience et le cadre juridique et social délicat de la Chine en font une destination qui semble pour le moment plus « risquée ». On assiste également à l’émergence d’autres alternatives asiatiques sur la scène de l’offshore (Philippines, Viêt-Nam, Malaisie,…), mais qui n’en sont encore qu’à leurs débuts.
01Net ne parle quasiment pas la Russie, qui forme pourtant 20.000 informaticiens de haut niveau par an (ce qui n’est pas négligeable !), avec un niveau de salaire similaire à celui de la République Tchèque ou de la Tunisie. Connue pour l’excellence de ses formations scientifiques, la Russie est un candidat offshore à prendre au sérieux.
Si on se concentre plus précisément sur les pays qui intéressent les sociétés françaises, il y a bien sûr le Maghreb, d’abord réputé pour ses centres d’appel, et qui s’est ensuite lancé dans la prestation informatique. Le Maroc forme 5.000 ingénieurs par an et offre une relative proximité culturelle et géographique qui pèse lourd dans la balance pour les francophones. Il y a aussi l’Ile Maurice et Madagascar, où les salaires sont plus bas qu’en Inde et où la langue française est répandue. Cependant le nombre de diplômés ne se compte qu’en centaines, les ressources disponibles restent donc très limitées.
And last but not least (bien sûr, je garde le meilleur pour la fin !), « la grande famille européenne » : la plupart des pays d’Europe centrale comme la Hongrie ou la Pologne sont malheureusement déjà trop chers… C’est la Roumanie qui devient la destination phare européenne. Elle est désormais membre de l’UE, ce qui vient renforcer son attractivité déjà bien connue, notamment des sociétés françaises. Les Roumains sont considérés comme les meilleurs informaticiens d’Europe centrale. Mais ce ne sont pas vraiment les bas salaires (580€ par mois pour un informaticien junior contre 360€ en Inde) ni le nombre de jeunes diplômés en informatique (seulement 6000 chaque année) qui incitent les société françaises à se tourner vers la Roumanie. C’est avant tout parce qu’on y est en Europe, avec tout ce que ça implique d’un point de vue culturel et juridique. Les Français choisissent la Roumanie pour s’assurer avant tout une meilleure qualité et une meilleure sécurité, plutôt que de chercher à atteindre les 60% d’économies que leur promet l’Inde. La relation historique de la Roumanie avec la langue française fait que de nombreux ingénieurs parlent un français remarquable, et on sait bien à quelle point c’est indispensable pour les Français, handicapés par leur non maîtrise ne serait-ce que de l’anglais (et je ne parle pas d’autres langues étrangères !), d’avoir des interlocuteurs qui parlent leur langue. Bref tout ça est très rassurant et fait de la Roumanie une destination parfaite pour les PME françaises et leurs projets « à taille humaine ». Pour fininr, n’oublions pas la Moldavie, qui elle, constitue l’alternative low cost à la Roumanie, avec ses ressources aussi bien formées et encore plus polyglottes.

























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