La semaine dernière, j’ai été interrogé par Julien d’Orléans Val de Loire, nos voisins concernant une étude qu’il mène sur les attentes et la nécessité de datacenters à Orléans.
Pentalog fait appel à des services de colocation de datacenter depuis 1999. Nos besoins et exigences évoluant, nous en sommes à notre 5ème emplacement. J’étais donc bien placé en tant que fournisseur de services externalisés et CIO pour répondre à ces interrogations. Nous avons complété l’interview par une visite du datacenter où sont implantés nos équipements. Mais je reviendrai dans un prochain article sur ce que nous terminons de déployer.
En résumé, voici les besoins dont Pentalog pourrait en avoir besoin si des moyens de colocation étaient disponibles sur Orléans :
– Opérateurs internationaux (tiers WAN): Il faut avoir plusieurs opérateurs présents. Les milli-secondes dans la qualité de service comptent. Avoir ces opérateurs présents directement, c’est une concurrence réelle, le choix des services et des performances assurées.
– Virtual ISP (VISP) : L’externalisation de l’hébergement ne veut pas dire que l’on veut gérer toute la chaîne. La présence d’au moins un VISP sur le datacenter prenant en charge la virtualisation des couches réseau (multi-homing, BGP4, …) est un point important.
– Des services d’intervention : Même si les interventions distantes permettent de couvrir la quasi-totalité des actions, il est indispensable que l’on puisse faire intervenir un technicien pour appuyer sur un bouton On/Off. On a fait appel à ces services environ 5 fois depuis 2 ans. On n’en a pas besoin souvent, mais quand cela arrive, c’est une valeur importante.
– Suivi de la consommation : Une vision sur la consommation du datacenter pour permettre de calculer le PUE à la prise électrique.
– Divers : Je citerai aussi pêle-mêle une résistance des planchers à une charge supérieure à 1 tonne/m² pour assurer une forte densité ; une protection physique des locaux ; un accès vidéo au caméra à proximité de la baie (ou intégré à la baie) ; une protection incident / hygrométrique / température.
Qui pourrait être intéressé par ces services :
– Les DSI peuvent être intéressées d’externaliser leur infrastructure dans la mesure où la gestion d’une salle serveur robuste et redondante n’est pas le cœur de métier de l’entreprise. C’est d’autant plus vrai que la présence de nombreux opérateurs optimise le coût du Mbps de bande passante. Mais les sièges d’entreprises nécessitant ces services ne font pas légion sur le département.
– La proximité d’Orléans avec la région parisienne maintiendrait les datacenters dans le rayon requis pour assurer des services synchrones de “Dual Building” (double infrastructure miroir). La région parisienne s’approchant d’une saturation, ceux qui co-louent sur la région parisienne pourraientt rechercher ces alternatives dans une zone certainement moins couteuse.
Ce qui concerne le choix de l’emplacement, tout est discutable. Mais d’après les réflexions que j’ai déjà pu avoir sur le sujet :
– Il faut éviter le centre ville où il est difficile de se garer
– Des locaux industriels (ou zones) sont une réponse intéressante (double alimentation) car il y a les arrivées électriques et potentiellement des locaux désaffectés existants.
– La proximité des fibres optiques des opérateurs permet de limiter les travaux de génie civil.
– Les surfaces doivent pouvoir être extensibles et permettre l’hébergement des groupes de secours.
Avec les services de cloud computing pouvant exiger une localisation en France et une qualité de services importante (fiable latence), les datacenters communautaires ont leur intérêt, mais le marché semble encore difficile. J’accueille positivement cette étude qui aura l’avantage de préparer le terrain à ce marché. Il faudra voir quelle place occuperont alors les collectivités locales dans ce projet.
[Episode 09] DSI – Construire l’avenir du système d’informations

























Commentaires sur cette entrée :
Merci encore pour votre accueil. Je rajouterai juste un petit commentaire.
Il fut une époque où le développement économique d’une région passait par la création de zones industrielles pour accueillir les entreprises. De nos jours, nous avons autant besoin, sinon plus, de zones numériques (très haut débit) et de datacenters pour accueillir les acteurs des TIC. Aujourd’hui le secteur tertiaire est le premier employeur en France et représente la plus grosse part du PIB. Le secteur des TIC est en perpétuelle évolution et il est un des moteurs de notre économie. Le ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie considère les datacenters comme une arme stratégique de compétitivité nationale dans son rapport DETIC (http://www.minefe.gouv.fr/services/rap09/2009-CGIET-DETIC-rapp.pdf).
Bien que l’idée de proposer des services mutualisés (datacenter communautaire) sous forme de délégation de services publiques soit intéressante, je pense qu’elle ne pourra pas suffire au lancement d’un datacenter si l’on souhaite atteindre une rentabilité assez rapidement. Par contre, elle pourrait s’adosser à une offre d’hébergement beaucoup plus vaste en direction des grandes entreprises, des professionnels de l’hébergement et des SSII.
Quoi qu’il en soit, attendons de voir la réaction des collectivités locales et surtout prenons le temps d’effectuer une étude de marché approfondie afin de recenser tous les clients potentiels.