Tout était prêt :
- Le plan de migration était prêt
- Les communications internes et externes ont été publiées
- Le contrat était quasiment signé
- Les étapes de la conduite de changement étaient clairement identifiées et planifiées (présentation dans les agences)
- Les utilisateurs pilotent et d’autres aussi étaient impatients d’utiliser pleinement l’environnement Google
- Les discussions sur la sécurité de la solution avaient eu lieu.
Lors des dernières discussions sur ce sujet entre Frédéric (CEO), Virginie (CFO) et moi-même (CIO), on a ré-ouvert le sujet de la confiance que l’on pouvait avoir en un système de messagerie externalisé. Même si nous l’avons ré-ouvert tardivement, ce n’est jamais trop tard tant que ce n’est pas signé. Depuis l’angle de la sécurité et la robustesse, il n’y avait pas de doute sur la capacité de résistance des systèmes des solutions Google. Comme je l’avais dit dans mon post sur la migration, si on écarte le volume de stockage (25Go / utilisateur), les coûts sont équivalents. Notre problématique a été au niveau de la confiance que l’on pouvait avoir dans le système.
Au niveau des solutions externalisées, il ne faut ni être parano ni être candide. Il faut juste que l’on place la barre au niveau de ce qui correspond aux besoins. Quand un système est capable d’indexer les contenus des mails, quand à partir de ces informations, il est possible de proposer des publicités (version gratuite), qu’est-ce qui empêche le système de réagir de manière totalement transparente à des informations sensibles ?
Nous avons donc décidé au dernier moment, de changer d’avis face aux risques que ce choix pouvait engendrer pour nos clients avec lesquelles nous signons des engagements de confidentialité, nous travaillons sur des sujets de R&D, … Nous n’avons pas voulu interroger nos clients par rapport à l’externalisation de serveur de messagerie. Quand on interroge sur la peur que l’on peut avoir du loup, les réponses sont d’abord de se protéger du loup. Nous avons changé d’avis en sachant aussi que nous écartions de vrais gains de productivité dans l’utilisation de cet éco-système complet.
Plusieurs personnes (service infrastructure, utilisateurs pilotes, utilisateurs des services Google perso) peuvent être déçus de cette décision en voyant nous éloigner d’une terre promise, mais ce choix s’imposait face aux risques que l’on prenait. Pour les utilisateurs, on aura pas demain le même niveau de service que Google (volume de stockage, Docs, …) mais un plan est en cours pour s’en rapprocher. Pour l’infrastructure, on prévoit maintenant des formations avancées à notre serveur de messagerie pour renforcer vos compétences afin d’améliorer notre infrastructure de messagerie (AS, AV, Cluster, …).
Le plan de réversibilité prévu initialement pour les utilisateurs pilotes a été déclenché immédiatement après la décision. Maintenant, il n’y a plus rien chez Google (si j’étais parano, je me demanderai si c’est vraiment supprimé). Je suis un peu désolé pour Antoine (commercial) qui avait bien fait son job pour verrouiller la proposition par un suivi fort, c’est dommage. Mais c’est aussi la règle du jeu.
D’une manière générale, est-ce que toutes les DSI devraient s’interdire les services de Google for Business ? Les réponses à une telle question sont très diverses. La DSI n’a pas à agiter les spectres de la peur pour justifier ces choix. Mais pour assurer l’alignement de la DSI à la stratégie d’entreprise, il faut comprendre les objectifs de l’entreprise. Dans notre contexte de SSII nearshore/offshore, nous devons travailler la confiance avec nos clients. En intégrant Google dans notre relation avec nos clients, le doute d’impartialité totale existait car la convergence avec Google (innovation IT, éditeur de logiciel, …) est réelle. Je connais des éditeurs, au moins une société d’assurance retraite, des universités, des PME et bien d’autres qui utilisent les services google. Ils ont estimé que leur niveau de confiance était suffisant. Mais au final, notre choix s’est fait entre une solution externalisée ou une solution interne et cela pour assurer à nos clients une meilleure confidentialité dans nos échanges.
[Episode 07] Migrer la messagerie chez Google
[Episode 09] DSI – Construire l’avenir du système d’informations

























Commentaires sur cette entrée :
Après plusieurs discussions récentes sur le sujet, je voulais apporter un complément de réflexion sur l’externalisation de la messagerie chez Google. Dans la réflexion que nous avons pu avoir, nous n’avons pas eu de doutes sur les capacités des outils Google (sécurité, robustesse, performance, …).
Sur le volet contractuel, le contrat est bien fait et complet. Notre choix s’est donc porté sur le doute que nos propects (ou clients) pourraient nous reprocher de faire passer nos échanges chez Google. On est bien sur ici dans le domaine du subjectif, du psychologique. Mais gagner la confiance de nos clients passe aussi par là.
Oui, il faut savoir changer de direction, y compris au dernier moment. Nous avons estimé que les conditions n’étaient pas réunies pour rentrer sereinnement dans cette voie. Dommage car les outils faisaient vraiment envie et constituaient un vrai gisement de productivité. Je ne doute pas qu’ils puissent convenir parfaitement à d’autres entreprises que Pentalog.
Je sais Iancu, je sais. Mais 90% de notre production est sous NDA (Non Disclosure Agreement). Mettre les infos projets chez un tiers, c’est rompre cette clause. C’est indéfendable devant un tribunal en cas de litige. D’autant plus où tout le monde connaît les capacités d’analyse sémantique de Google. Le grosses boîtes, dans lesquelles les enjeux de R&D logicielle sont élevés, ne peuvent pas mettre leurs infos sur les serveurs du n°1 mondial de la R&D soft… qque soit la qualité indéniable des outils. Je soutiens en revanche cette offre pour les PME ne produisant/vendant pas sous NDA.