J’ai lu un excellent article, début décembre, dans 01 Informatique sur les révolutions à venir dans les SSII. Il y avait longtemps que je murissais moi-même une réflexion à ce sujet.
En effet, cela fait un moment que je ne crois plus au modèle de la SSII à Papa, fonctionnant en régie. A part pour quelques domaines hyper pointus ou ultra, ultra sécurisés, les clients n’en veulent désormais pratiquement plus. Nous sommes maintenant descendus, à Pentalog, aux environ de 10% des effectifs travaillant selon ces modalités vieillottes et 17% du CA. La SSII française, en tant que business model, est d’abord le produit… du code du travail.
Mais bien au-delà de notre propre conviction, laquelle s’est faite avec le temps et conformément à nos plans stratégiques, le monde des SSII ne parle plus QUE d’industrialisation. Les petits acteurs, les moyens, les paresseux intellectuellement, et la cohorte de ceux qui ne savent pas et ne veulent pas investir, voient leurs marges se flétrir, se racornir, disparaître et risquent de plus en plus l’exclusion du marché. Même si en 2 ans, beaucoup ont bien bougé, ils sont encore nombreux dont les marges de manœuvre sont trop importantes, mais le calendrier de plus en plus étroit, de même que les moyens financiers nécessaires à l’action.
Cette grosse révolution là n’est donc pas encore achevée que déjà s’en pointe une autre, pas piquée des vers non plus, qui pourrait elle s’attaquer non pas au business modèle des services informatiques mais au infrastructures des systèmes et ainsi faire disparaître des lignes entières de bons de commandes aux SSII et autres intégrateurs. J’ai nommé le cloud, le SAAS et leurs dérivés nombreux.
Quelles sont en effet les niches menacées ? Les dépenses d’intégration sont promises à une forte réduction, qui pourrait atteindre les 60%, de même pour les développements. Beaucoup d’entreprises ne sauront pas franchir le pas. Qui n’est pas exactement financier, mais pourrait plutôt réclamer des efforts intellectuels. En effet si le Saas, est essentiellement affaire de mutualisation, le cloud, c’est carrément la virtualisation, au sens strict. Beaucoup d’entreprises pourraient peiner à trouver comment appuyer et conseiller leurs clients avec tous les nouveaux entrants qui ne ressemblent pas aux anciens acteurs. Des pans entiers de l’organisation informatique pourraient être révolutionnés. Je pense en particulier au CRM et à la conquête de nouveaux clients. La « désintermédiarisation » est à portée de mains. C’est une des pierres angulaires du concept de distribution qui s’apprête à riper. La vente de logiciels, elle aussi, va se fluidifier considérablement, entre producteurs et clients, de même que le client lui-même se dotera d’outils nouveaux favorisant la relation directe avec ses clients. Les valeurs ajoutées vont donc devoir gagner considérablement en niveau de services.
Pentalog compte une grosse dizaine d’éditeurs de logiciels parmi ses clients, comment pouvons les aider à franchir cette nouvelle épreuve, après les avoir aidés à franchir l’écueil de l’outsourcing et de l’offshore ? Nous leur avons fourni des productions dont le niveau de qualité répond désormais à des standards industriels et dans les niveaux de coûts rationnalisés. Tous nos clients sont donc déjà industrialisés. Nous prévoyons d’ailleurs d’aller beaucoup plus loin. Nous avons aussi déjà commencé, depuis deux ans, à les accompagner sur le SAAS (Coronis Systems, People Centric, Lowendal…). Mais peut-être y a-t-il aussi une place pour un conseil orienté business model, une aide à la sélection de mode de distribution en mode cloud, où même l’attente d’un cloud Pentalog, piloté par des services techniques qu’ils ont déjà éprouvés et validés, et fondé sur des indicateurs qualité adaptés à ces nouveaux usages ?
C’est pour répondre à tous ces enjeux que nous avons restructuré notre offre en business lines, avec d’un côté l’informatique embarquée et de l’autre l’informatique connectée. Pierre, en tant que responsable de la business line Information Systems, doit aider ses clients éditeurs, mais aussi fournisseurs de services à relever ces défis.
L’article de 01 met magnifiquement en perspective ce double défi pour les SSII, qui n’ont pas encore passé le cap de l’industrialisation et de la nécessaire internationalisation de la production. C’est une idée qui me trottait déjà depuis un moment dans la tête. Je crois même, ce sur quoi l’article n’insiste pas assez, que les deux sujets sont parfaitement concomitants. Tous ceux qui n’ont répondu à aucune des deux questions risquent de souffrir pas mal dans les mois qui viennent et au moins de voir leurs marges continuer de pâlir.

























Commentaires sur cette entrée :
Bonjour Frédéric,
Et tout d’abord, bonne année 2010 !
Je partage tout à fait l’analyse que tu brosses dans la première partie de ton article. Je rencontre moi-même des patrons de SSII française qui sont perdus face à ce changement majeur de méthodologie.
Je rajouterai que les méthodes itératives sont bien adaptées à l’univers qui s’ouvre à nous, et que la aussi un retard considérable a été accumulé par les SSII française.
Cordialement,
bien joué, Chef !
faudrait relire l’article, un peu complexe pour une philologue
comme disait une amie, un peu savant !
@Jean François je vois vraiment trop de boîtes dépourvus de stratégie dans ce double temps de crise et de profonds bouleversement. Le pire, c’est que même certaine grosse boîte ne s’adaptent jamais autrement qu’en volume.
Ensuite tout le monde se plaint de la pression sur les prix, quand une grande partie du problème vient de l’obsolescence de leur offre…