Le dollar est à 1,25 !
Personne n’aurait cru à ce scénario il y a un mois. Et pour être clair, si tout le monde comprend que le chef d’orchestre de cette flambée réside dans la perte de repères sur les marché, il n’en demeure pas moins que la plupart des critères d’évaluation pencheraient plutôt en faveur d’une baisse du billet vert.
Le problème, partout, c’est bel et bien que la confiance n’est plus là et que le billet vert, dans ces conditions, reste le refuge de certains marchés. Le dévissage à venir ne risque-t-il pas de n’en être que plus grand ?
Diable, en voilà une question…
J’étais hier à une très intéressante conférence organisée par la Chambre de Commerce Franco-Roumaine. L’invité vedette était l’un des chefs économistes de la Banque Centrale de Roumanie (BNR), Monsieur Lazea. L’homme est brillant, drôle, mais ne dit pas tout. Comment le pourrait-il ? Après avoir détaillé la situation de l’Economie Roumaine, qui pour toute une série de raisons lui paraît moins friable que celle des autres pays de la Région, je lui ai posé une question qui me paraissait simple. A combien s’élève en Roumanie, en pourcentage de la masse monétaire, les différentes injections et émissions de liquidités qui ont lieu pour soutenir les banques. Question techniquement simple et qui en appelait une autre immédiatement après. Le taux résultant est-il supérieur à ce qui a été fait sur l’Euro, sur le dollar ? De là, probablement pourrait-on tirer une certaine propension, plus ou moins importante, à l’inflation et la solidité de la monnaie en sortie de crise.
J’ai été extrêmement surpris de constater que Monsieur Lazea ne sache pas répondre à cette question. Comme s’il ne connaissait pas la masse monétaire de son pays ! Ce n’est pas possible. Où alors, et je ne l’écarte pas, c’est que ma question était stupide.
Comment interpréter un tel mutisme, venant de la part de quelqu’un qui vous a présenté et commenté des graphs tous très savants pendant 30 minutes ? Et bien je n’ai pas de réponse. Je ne sais pas si j’ai posé la question qu’il ne fallait pas. Toujours est-il que je suis persuadé qu’elle ne va pas tarder à ré-émerger dans la presse roumaine. Franchement, je ne préjuge en rien de la réponse, je n’en ai aucune idée.
En fait, ces questions là impactent fortement nos choix… je vois depuis quelques mois mes budgets vietnamiens et moldaves monter fortement (dans la mesure où nous les établissons en euros mais qu’ils sont plutôt corrélés $, en bons pays producteurs de matières premières qu’ils sont).
Finalement, en 2008, nous avons considérablement augmenté notre volume de production en Roumanie, tirant le plein parti de la baisse du Leu roumain sur toutes les grandes monnaies. Nous avons ainsi parfaitement maîtrisé la pression salariale. Mais quel sera notre scénario 2009-2010 ? Comme l’a dit un commentaire à peine déguisé sur l’Antiblog (The Butcher, salut à toi domnu PM), de toute façon, ce n’est pas à une spéculation monétaire que nous devons nous livrer mais à une répartition de nos risques sur un panier de monnaies de production.
Je vous donne deux ou trois chiffres édifiants entendus dans cette conférence :
- les ventes alimentaires en Roumanie sont en très légère baisse (données Cora)
- les ventes de textile s’effondrent de plus de 25% (Cora)
- les ventes de télé-électroménager s’effondrent dans des proportions inavouables (Cora)
La BNR croit à une relative stabilité du Leu, de même que les stratèges de BRD, évoquent des scénarii dans la fourchette 4-4,3 en fin d’année. Nous verrons. Je dis moi que celà dépendra surtout des quantités de création monétaire relatives des différent états, que cela soit par voie d’injection, de création ou de déficit budgétaire.





















