Ce n’est pas la moindre des nouvelles pour les offshorers européens. La concurrence avec l’Inde pour toutes les entreprises implantées dans la zone euro va devenir de plus en plus délicate.
En revanche le pouvoir d’attraction salariale sur les ingénieurs des entreprises qui vendent en Euro va se renforcer dans les mois qui viennent. Je ne sais d’ailleurs plus depuis combien de temps je n’ai plus entendu en Roumanie et Moldavie le poncif selon lequel les Américains paieraient mieux que les Européens.
La réalité est même plutôt contraire, la perte d’attractivité des entreprises $ ne fait que s’accroître au profit des entrepreneurs français, allemands, autrichiens…
La situation la plus inconfortable (intenable peut-être dans des zones à forte inflation salariale) étant celle des entreprises américaines, vendant majoritairement aux USA.
La palme d’or revenant, elle, à l’entreprise implantée en zone $ et vendant en zone euro – ce qui est partiellement notre cas en Moldavie (zone mixte euro/dollar). Mais tout cela, je l’ai déjà dit, et je ne vais pas me répéter plus longtemps.
Là où les choses se compliquent, c’est que personne ne sait ce qui va se passer dans les prochains mois. La Fed vient de réviser fortement à la baisse ses taux directeurs, ce qui ne va pas manquer d’alimenter ce mouvement.
D’un autre côté, Alan Greenspan, l’ancien gouverneur de la Fed répète, lui, à qui veut l’entendre, que l’inflation est en passe de s’envoler et que les grands argentiers (américains comme européens) seront obligés d’augmenter fortement leurs taux dans les prochains mois.
Alors, Pentalog doit-il changer de paradigme dans sa politique d’implantation ?
Non, nous la renforçons. Notre option moldave est de plus en plus performante en même temps qu’elle ne pourrait pas suffire à nos besoins. Nous l’avons récemment adapté en décidant d’épargner à nos salariés de voir leurs salaires fluctuer en fonction du yoyo Leu moldave/dollar (notre ancienne monnaie salariale en Moldavie). Comme les Roumains depuis toujours, leurs salaires sont fixés en Euros depuis le mois d’août. Ainsi nos salariés échappent à l’érosion monétaire liée à la conversion dépréciante entre dollar et monnaie locale… ce qui n’empêche que nous restons en zone dollar.
Très concrètement, je vois toute une série d’effets aussi positifs que pernicieux à ce qui se passe sur le marché des changes.
1. Compétitivité de l’offre Européenne (déjà expliquée ici et là) : La dépréciation du Leu roumain dans les deux derniers mois est assurément une bonne nouvelle pour nous. Les entreprises Euro ont beaucoup moins à souffrir de demandes d’augmentation salariales que les entreprises dollar. Depuis le début de l’été, le Leu a perdu 9% (lesquels constituent donc une augmentation salariale équivalente une fois le salaire converti en monnaie locale – sans augmentation du coût de production. La vie est belle pour tous. Attention en revanche à la compétition avec l’extrême orient dont la compétitivité est automatiquement accrue.
2. Impact sur les ressources humaines : Les ingénieurs, développeurs et consultants qui constituent l’essentiel de nos effectifs ont des revenus très supérieurs à la moyenne des pays dans lesquels nous sommes installés. Je pense 3 à 7 fois environ. Ce qui signifie que leur appétence à la consommation de produits importés est plus forte que la moyenne. Il est vraisemblable de ce point de vue que la compétition euro/leu est en train de se dégrader au détriment de ce dernier. Les importations coûtent donc plus cher… le salaire en Euro reste donc là aussi un avantage.
Nous devrons donc rester très attentifs à la répartition monétaire de notre offre dans les années à venir. L’idéal reste bel et bien de disposer d’un portefeuille de risques monétaires et d’en jouer au mieux au gré des conjonctures locales et internationales. Personne n’est capable de déclarer du jour au lendemain qu’il change de monnaie de production. En revanche, disposer de plusieurs unités de prod, dont le développement continu sera pondéré par les grandes tendances sur les marchés monétaires, constitue sans doute la meilleure stratégie. Ainsi, si les taux de moyen terme américains baissent, je tire un bord supplémentaire en zone dollar.
Pour compléter encore cette stratégie, nous disposons en continu d’un benchmark pays qui nous permet de faire feu trés vite.
























