Tuan et moi revenons d’un WE prolongé à Singapour. Notre mission était simple : lancer une première approche du marché nearshore asiatique pour notre filiale vietnamienne. Je précise en revanche que nous n’avons pas vu beaucoup de compagnies et qu’il ne s’agit pas pour nous de prendre une décision rapide à ce sujet. Nous avons du temps et ne parlons ici que d’une démarche exploratoire. Nous nous rendrons également bientôt à Tokyo, Séoul et Taipei.
Je n’avais jamais été à Singapour et Tuan non plus. Notre impression est assez contrastée. Est-ce vraiment l’Asie ? Cette population 100% anglophone, cette ville ultra propre, incroyablement surveillée, avec un taux de criminalité proche de 0 nous a déconcertés, tous les deux de la même manière, en dépit de nos différences.
Singapour, c’est aussi un incroyable chantier, avec des grands travaux dignes des rois de France ou des pharaons d’Egypte – je pense au Casino Sands (le même que le Sands de Vegas) qui est absolument stupéfiant – et à l’incroyable densité des gratte ciel. Mais quelque chose m’a étonné. Il n’y a aucune trace gênante de chantier. Pas de boue derrière les camions, pas d’entassement de matériaux de construction. Le professionnalisme est de rigueur, partout. C’est remarquable et presque oppressant.
J’aimerai revisiter Singapour en compagnie d’un architecte et d’un urbanisme pour mieux comprendre comment ça marche, comment la circulation peut être aussi fluide, malgré l’incroyable densité de la population. Mais comprendre aussi comment l’air peut être aussi respirable, dans un endroit pourtant si proche de l’équateur et tellement peuplé. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Voltaire… Singapour est-il le lieu de la dictature éclairée que préconisait le philosophe français ? En tous cas, ce qui est sur, c’est que les Singapouriens ne veulent rien changer et surtout pas le régime politique. C’est très étonnant, car nous avons aussi visité un IT show où nous avons été confrontés à des comportements de folie collective, avec des chauffeurs d’ambiance, chantant, voire hurlant les prix, des enchères spontanées, des papiers promotionnels jetés partout dans les allées du salon. En quelque sorte…c’était l’Asie.
En tous cas, cette ville-état à la folie consumériste intégrale, mais qui recycle son eau et dispose d’une police qui distribue vraiment des PV aux voitures qui fument trop et gère partout de l’espace vert, nous démontre à quel point l’Asie domine la compétition économique et sociale mondiale. Cette Asie là est rentrée dans la gestion du paradoxe du XXIè siècle, tandis que l’Europe ne fait qu’en parler. Que pèsent des consommateurs européens contre leurs homologues asiatiques, prêts à suivre n’importe quelle mode, y compris si elle est verte ? Que peuvent faire nos entrepreneurs quand les leurs sont assaillis de demandes d’innovations et de propositions de capital risque ? Singapour et ses 5 millions d’habitants forment autant d’ingénieurs annuellement que la France ou l’Allemagne qui préfèrent envoyer leurs enfants faire de la finance, de la psychologie-sociologie, du marketing tout en vibrant d’émotion à l’évocation de l’économie de la connaissance…
L’Asie a tout en mains : une population jeune, peu coûteuse, avide de consommation et de nouveautés, formée à la technologie, mais cherchant à s’améliorer continuellement. Je suis toujours surpris de constater les efforts personnels de formation de vietnamiens. Si j’avais non pas 7 vies, mais disons seulement 2, soyons raisonnable, j’en consacrerais certainement une toute entière à ce continent.
En attendant de vous y rendre, je vous propose ici 45 vues de cette ville exceptionnelle !

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