Combien de temps aura duré l’accalmie ? Le jeudi 4 aura vu le retour de la peur sur les marchés financiers. Les dettes des pays développés font peur. Que ce soit en Grèce, au Portugal ou maintenant en Espagne. Ce que je trouve extraordinaire en entendant JC Trichet (le patron de la BCE), Ben Bernanke (celui de la FED), le premier ministre espagnol ou la Banque d’Angleterre, c’est qu’ils nous resservent le même discours que nous ont tenu les banquiers il ya un peu plus d’un an. C’est pathétique. Les mêmes banquiers centraux et hommes politiques exigeaient la vérité des banques sur leur situation. A eux aujourd’hui d’accepter de jouer le jeu de la vérité. Que va en effet faire l’Espagne de ses 20% de chômeurs, alors qu’elle n’a aucune marge de manœuvre budgétaire ? Qu’adviendra-t-il de la puissance américaine si elle perd son triple A ? La vérité sur les marchés, la vérité sur le pouvoir, c’est qu’ils ne disent jamais la vérité.
Pourtant, certains élus du Congrès et Joe Bidden, lui-même, le Vice Président américain, reconnaissent que la dette américaine pose une question de sécurité nationale.
La réponse par les politiques de soutien à la consommation a sans doute été la plus fondamentalement stupide de toutes celles que l’on pouvait imaginer. Démagogique, courtermiste, elle n’aura fait que creuser plus encore les déficits des pays développés et aura de ce fait renforcer les machines industrielles et commerciales chinoise et indienne. Fiat demande à Rome d’arrêter la prime à la casse ! Tout ça pour quoi ? Gagner 6 mois, un an, sur ce qui de toute façon se produira. Tout ces sommes faramineuses que les parents d’aujourd’hui transfèrent sans vergogne sur leurs enfant !. Les aiment-ils vraiment ou sont-ils tout simplement les simplets, collés aux radiateurs de l’Euro et du Dollar, d’une classe dans laquelle les meilleurs seraient brésiliens, indiens et chinois ?
Les guerres financières et monétaires ne sont peut-être plus très loin de nous. Obama a durci le ton avec la Chine la semaine passée, mais n’est-il pas trop tard pour l’Amérique ? L’Europe peut encore le faire, mais elle n’a pas de gouvernement économique. Alors que va-t-il se passer ? Cyber attaques, ventes massives de monnaies, spéculation haussière sur le Real, fermeture de frontières… je ne sais pas, mais c’est probablement la partie la plus inquiétante de la crise qui commence. Et quand on voit que les politiques n’ont pas été capables d’agir sérieusement sur les banques, comment peut-on imaginer qu’ils seront capables de réformer les états, bref de se réformer eux-mêmes ? Nous parvenons au sommet de la pyramide de responsabilités. Il n’y a plus rien derrière. Et les hommes politiques courageux ne sont pas légions.
Dans ce contexte, les pressions déflationnistes sur les prix intermédiaires et les sous-traitants n’ont pas fini de s’exercer. Je reviens à mes réalités de gestion, de tactique et de stratégie. Les entreprises comme Pentalog doivent rester concentrées sur leur modèle économique et la maîtrise de leur prix. Les entreprises bénéficiant de marchés publiques et de sociétés nationales, un peu partout, vont voir leurs commandes baisser puis s’effondrer littéralement à partir de 2011devant la déconfiture des états. Les banques centrales sont à deux doigts de faire tourner la planche à billets à plein régime. Sinon, de quoi parle-t-on quant au soutien de la Grèce ? Que dire, dans ce contexte de l’énorme volume des demandes en cours dans notre industrie (Pentalog n’a pas connu autant de demandes pour un mois de janvier de toute son histoire) ? Mais n’est-ce pas que la reprise « technique » suivant un an de marasme ? Certains projets doivent bien être lancés ! Nous percevons la fébrilité dans chaque décision que doivent prendre les grands comptes. Seuls ceux qui travaillent en Asie sont un peu plus sûrs d’eux.
Je ne regrette rien de nos stratégies passées qui nous permettent aujourd’hui de disposer de marges économiques et financières et d’avoir devant nous d’appréciables opportunités de croissance. Nous restons très attentifs, tiraillés entre opportunités formidables et obligation de prudence.
























